Bien qu’il soit ministre cantonal depuis sept ans, Pierre-Yves Maillard, 43 ans, reste le papable le mieux à même de représenter un socialisme militant, un socialisme de chef de file. Il en est convaincu, comme tous les camarades qui ne manqueront pas de le pousser. L’objectif du Conseil fédéral se dessine avec logique dans son parcours sans faute. Le train ne passe pas si souvent.

Il n’apparaît pas en revanche comme le candidat le mieux à même de convaincre la majorité bourgeoise du parlement. En raison du souvenir déjà un peu lointain de tribun qu’il a laissé lors de son passage au Conseil national (1999-1994) et de sa réputation, méritée, d’étatiste. Il se bat pour la caisse maladie unique, version nationale ou cantonale; met des bâtons dans les roues d’un financement hospitalier favorable aux cliniques privées; se targue d’avoir mis en échec la libéralisation de l’électricité.

C’est pourtant sa capacité à faire œuvre utile, autant que la solidité de son discours, qui en ont fait un poids lourd du gouvernement vaudois, où il dirige la santé et les affaires sociales. Les siens l’admirent, ses adversaires le respectent.

A cet égard, le calendrier qui s’ouvre n’est pas le meilleur. Car Pierre-Yves Maillard doit être le leader de son camp dans l’autre bataille, celle des élections cantonales de mars 2012, où la gauche espère conquérir la majorité. Ce scénario tient difficilement sans PYM, qui briguerait, le cas échéant, la présidence du gouvernement vaudois. L’élection complémentaire qu’impose entre-temps le brusque décès de Jean-Claude Mermoud vient encore compliquer les choses.

Où Pierre-Yves Maillard a-t-il le plus de chance de gagner, où sera-t-il le plus utile? Le choix est cornélien. L’ouverture fédérale, prestigieuse et rare, n’est pas sans risque. Plus que l’échec, c’est la perspective de se voir affecté comme conseiller fédéral minoritaire à un département imposé qui peut faire hésiter ce père de deux jeunes enfants. Il attend les résultats du 23 octobre avant de communiquer ses intentions.