Depuis quelques années, le canton de Vaud a renforcé la surveillance de l’ensemble de son réseau d’établissements médico-sociaux et psychiatriques. Les cas de contention ont diminué. Ils sont désormais provisoires et dûment motivés.

Pierre-Yves Maillard est revenu sur le cas d’une jeune femme autiste attachée pendant près de deux ans en hôpital psychiatrique et dont le parcours est raconté dans le livre «Pour en finir avec les malheurs de Sophie». «C’est un des événements qui m’a sensibilisé. On a essayé de faire disparaître ces pratiques abusives», a expliqué mardi le conseiller d’Etat vaudois devant la presse.

Actuellement, le canton connaît moins d’une trentaine de situations de contention et ces «épisodes» sont suivis et validés. Il s’agit par exemple de fermer la porte d’une chambre la nuit ou de relever les barrières d’un lit. Fini le temps «où des gens étaient attachés dans leur lit et on ne savait pas depuis quand», a dit le chef du Département de la santé et de l’action sociale.

Amélioration générale

Le renforcement général de la surveillance, réalisée en accord avec les associations faîtières, met en lumière l’amélioration générale des prestations des institutions socio-éducatives, des EMS et des hôpitaux psychiatriques. En 2014, 91% des EMS fournissaient des prestations conformes au standard cantonal, soit 16% de plus qu’en 2008.

Une dizaine de personnes composent l’organe de contrôle, baptisé Coordination interservices de visites en établissements sanitaires et sociaux (CIVESS). Cette structure, qui a accéléré la fréquence de ses visites - environ une tous les 18 mois - peut intervenir à tout moment dans l’un des 278 établissements de son périmètre d’intervention, qui sera bientôt étendu aux hôpitaux de soins aigus.

Soins palliatifs

Si des progrès «remarquables» ont été accomplis dans le domaine de la contention et des mesures de contrainte, du travail reste à faire pour les soins palliatifs. Vaud est un des cantons pionniers dans ce domaine, avec notamment des équipes mobiles dévolues aux soins palliatifs. Les EMS connaissent ce dispositif mais l’utilisent peu.

Des inspections ont été réalisées dans les hôpitaux psychiatriques de Cery, Corsier-sur-Vevey (Fondation de Nant), Prangins et Yverdon-les-Bains. Pierre-Yves Maillard attend pour juillet le rapport de l’expert qu’il a mandaté pour examiner si les pratiques de Cery sont «conformes» en matière de médication.

Comme un zombie

Alerté par l’épouse d’un octogénaire, qui affirmait que l’hôpital avait fait de son mari un «zombie», le conseiller d’Etat a constaté des «lacunes» et rappelé qu’il a fait modifier les conditions d’hébergement à Cery, sans attendre la fin de la construction du nouvel hôpital. Les chambres à quatre lits sont peu à peu supprimées.

Les conclusions de l’audit sur le bloc opératoire de l’hôpital d’Yverdon-les-Bains sont attendues «tout prochainement». Le conseiller d’Etat envisage d’ores et déjà de répéter ce type d’audit dans d’autres hôpitaux du canton. «Il vaut mieux anticiper, plutôt qu’attendre un événement de crise», a-t-il dit, en référence aux problèmes rencontrés dans l’hôpital du Nord vaudois.