Portrait

Pierre-Yves Maillard, un héritage en danger

Au printemps, le plus puissant des socialistes vaudois laissera sa place après quatorze ans passés au gouvernement, pour retourner à ses premières amours, le syndicalisme. Avec la crainte que l’on mette en pièces ce qu’il a construit en quelques années

Dans son bureau des hauts de Lausanne, il n’y a aucune place pour la nostalgie. Pierre-Yves Maillard sait qu’il va devoir faire place au printemps, après quatorze ans passés à la tête des Affaires sociales et sanitaires du canton. Figure, tribun, patron de la gauche, il laissera une trace forte. Plus qu’un bilan, plutôt un héritage. Car déjà, même s’il repose sur un solide édifice législatif, existe en lui la crainte qu’on le dilapide, que ce qu’il a construit, tant du point de vue des acquis sociaux que de la politique de santé, soit attaqué.

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La droite, qui tente de récupérer son siège et la majorité gouvernementale avec un candidat UDC soutenu par le PLR, Pascal Dessauges, fait précisément campagne sur ces deux thèmes: les coûts du social dépassant ceux de la formation, et la privatisation du CHUV. Le 17 mars aura lieu le premier tour de l’élection complémentaire au Conseil d’Etat et le ministre sait que l’ère post-Maillard a déjà commencé. «Plus on s’approche de la date du départ, plus on perd de pouvoir, on se retrouve un peu plus fragile», dit-il. «Je ne porterai plus de grand projet de loi. Face aux attaques, je n’ai forcément plus la même efficacité.»