Suisse

Le piment féminin de Barbara Guntern

La liste femmes du Parti chrétien-social haut-valaisan veut déviriliser la politique.

Du piment dans la politique! En Valais deux partis ont choisi ce slogan. Les radicaux mais aussi, et avant eux semble-t-il, les cinq candidates de la liste femmes du CSPO, le Parti chrétien-social «jaune» du Haut-Valais. Trois députées, une étudiante et Barbara Guntern Anthamatten, qui fut en 1993, l'une de deux fondatrices du Bureau valaisan de l'égalité, où elle travaille toujours. «Le piment, ça veut dire qu'il faut de tout en politique, y compris des femmes. Si la politique consiste bien à fixer des règles de vie publique, les femmes, qui ne vivent pas la même réalité familiale et professionnelle que les hommes, doivent légitimement être entendues. Et sur tous les thèmes, pas seulement les domaines qu'on leur réserve traditionnellement.»

Pour ce faire, les cinq femmes du CSPO, après avoir distribué des sachets de piment, se baladent partout avec des sacs transparents jaunes immédiatement identifiables: «C'est une invitation au dialogue, à la discussion, où que nous soyons.» Après avoir tenu meeting commun avec les femmes de toutes les autres listes, avoir invité des associations féminines – aussi bien sociales que sportives –, Barbara Guntern et ses amies ont organisé des réunions dans chaque district: «Les hommes font plutôt une campagne individuelle. Nous comptons, nous, sur un effet de réseau, les femmes qui nous ont écoutées, on l'espère, vont parler de nous dans chaque commune.»

Jusqu'ici Barbara Guntern ne faisait pas de politique: «Quand le CSPO m'a préposé d'être sur la liste femmes, j'ai hésité. Puis je me suis dit qu'il était un peu facile d'inciter à longueur d'année, au Bureau de l'égalité, les femmes à s'engager, sans donner moi-même l'exemple.»

Licenciée en lettres – allemand et russe –, Barbara Guntern se déclare indifférente à la guerre qui déchire actuellement les jaunes et les noirs du PDC haut-valaisan: «C'est exactement l'aspect de la politique qui ne nous intéresse pas. Les femmes se plaignent, dans tous les partis, de devoir évoluer dans des structures strictement masculines. Sur les listes mixtes, elles en sont réduites à regarder un tournoi entre hommes. En 1995, en Valais il y avait 25% de femmes candidates, toutes sur des listes mixtes. Résultat: aucune élue.»

A l'heure du pronostic, Barbara Guntern reste donc prudente: «Les deux semaines qui restent vont montrer que les hommes disposent de moyens financiers et de relations sans comparaison avec les nôtres.»

Publicité