Quand Genève perd les pédales, les pistes cyclables changent de couleur. Mercredi, les citoyens de la République, pourtant rompus aux incongruités, ont découvert des voies pour vélos repeintes en rose, une teinte peu officielle. Un clin d’œil des mouvements féministes? Non pas. Selon l’ancien conseiller administratif Rémy Pagani, c’est bien le fait de la ville de Genève, soucieuse de différencier les axes pour vélos déployés provisoirement en leur donnant «la couleur Covid». Ceux-là mêmes qui ont déclenché une nouvelle guerre des transports, à peine le début de la fin de la crise entrevue.

Le psychodrame enflamme le bout du lac depuis le 12 mai, après que le conseiller d’Etat PDC chargé de la mobilité, Serge Dal Busco, eut installé 7 kilomètres de pistes cyclables provisoires par arrêté, de concert avec la ville de Genève. Et peut-être même plus: «Au début de la crise, les services de Serge Dal Busco voulaient fermer des rues au hasard, explique Rémy Pagani, d’Ensemble à gauche. J’ai trouvé que cela n’allait pas et j’ai proposé au ministre de reprendre les travaux commencés sur les boulevards à vélos, entrepris sur mandat du Conseil municipal, et de les mettre en œuvre tout de suite.»