Le 7 février 1971, les femmes obtenaient le droit de vote et d'éligibilité au niveau fédéral après une longue campagne. Nous consacrons une série d'articles à cette conquête politique et sociale. 

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Le Valais a été précurseur. En 1957, c’est dans un petit village de la partie germanophone du canton, Unterbäch, que, pour la première fois de l’histoire en Suisse, une femme a glissé un bulletin dans une urne. Soixante-quatre ans plus tard, le Valais pourrait de nouveau faire partie des exceptions, en élisant, en mars prochain, un Conseil d’Etat entièrement masculin. Depuis qu’elles ont le droit de vote, les femmes ont eu, peut-être plus qu’ailleurs, de la peine à s’imposer en politique dans le Vieux-Pays. Mais cette réalité n’est pas spécifique à la chose publique et semble liée à la culture du canton.

Le refrain est connu: «On a cherché, mais on n’a pas trouvé.» Il a notamment été utilisé par le PDC et le Parti socialiste pour valider les candidatures masculines au gouvernement cantonal, mais aussi par la Banque cantonale du Valais (BCVs) pour expliquer la récente nomination de trois hommes à des postes clés. Cette excuse peine à passer. «La candidature d’une femme ne se façonne pas trois mois avant une élection. Il faut une vraie stratégie pour préparer la place à la gent féminine, or les partis n’en ont pas», analyse Sandra Jean, l’ancienne directrice des rédactions du Nouvelliste (la première femme à occuper ce poste), désormais à la tête de Watson en Suisse romande.