«S'il vous plaît, un seul département.» Ainsi Susanne Suter résume-t-elle la position du Conseil suisse de la science et de la technologie (CSST). Cheffe de services aux hôpitaux universitaires genevois, elle préside cette instance consultative formée d'une douzaine de chercheurs de tous horizons.

Le CSST a transmis sa position au Conseil fédéral ce lundi. Au Temps, Susanne Suter précise que son Conseil plaide pour un département ad hoc de la formation et de la recherche, «l'option qui servirait le mieux ce domaine». Le CSST se base notamment sur une vaste étude encore non publiée qui, outre des comparaisons avec l'Allemagne, la Finlande et le Danemark, dresse une liste des atouts et des difficultés que présenterait un regroupement des forces au niveau fédéral.

L'argumentaire en faveur du département unique repose sur deux axes principaux. D'abord, la nouvelle loi sur les hautes écoles, à venir, nécessitera que le Conseil fédéral ne parle que d'une seule voix. Il faudra «une collaboration directe du Conseil fédéral avec les cantons, car ce domaine est complexe, entre une tendance à la centralisation et l'adjonction d'une forte part de fédéralisme. Un seul conseiller fédéral devra pouvoir s'y consacrer», plaide Susanne Suter.

De plus, le CSST juge que la division actuelle - recherche fondamentale à l'Intérieur, science appliquée et innovation à l'Economie - repose sur des notions surannées: «La connotation fortement économique de l'innovation, dans la situation actuelle de l'administration, est dépassée, ce que l'économie a bien compris. Il existe une innovation sociale qui profite également au tissu économique du pays. Et le secteur privé est de plus en plus actif en matière de recherche fondamentale», ajoute Susanne Suter.

Celle-ci juge en outre «évident» le fait que la culture devrait se trouver dans ce nouveau ministère, étant donné l'importance des écoles d'art dans le domaine artistique. L'Office fédéral de la statistique y trouverait aussi logiquement sa place.