Ce jeudi, le Musée International de l'Horlogerie de la Chaux-de-Fonds a accueilli une cinquantaine de représentants d'entreprises de sous-traitance neuchâteloises. Le sociologue à l'Université de Neuchâtel, Hugues Jeannerat leur a présenté une étude qui établit un diagnostic du secteur.

Il fait partie d'un groupe d’études qui a collaboré activement avec près de 25 entreprises, la Banque cantonale neuchâteloise (BCN) et la Chambre neuchâteloise du commerce et de l’industrie (CNCI). Pour assurer le futur de la sous-traitance dans le canton, il propose de «développer une capacité stratégique régionale».

La sous-traitance neuchâteloise, qui fournit principalement l’industrie horlogère et des machines-outils, se porte plutôt bien. Néanmoins, elle fait sans arrêt face à des aléas conjoncturels à court terme: si la période actuelle est plutôt positive, l’heure était à la vache maigre il y a encore deux ans en raison du frein à l'exportation horlogère.

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Pour continuer à prospérer et s’affirmer auprès de clients aux demandes toujours plus exigeantes, les entreprises du tissu industriel neuchâtelois doivent miser sur la complémentarité et la collaboration, soutient l’étude.

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La culture du secret entrave la coopération

Le principal écueil demeure la difficulté de lancer de tels projets à plus large échelle: l’étude constate en effet la persistance d’une culture du secret et d’un goût prononcé des entreprises pour l’indépendance. Si les entreprises qui ont participé à l’étude sont d’accord avec la nécessité d’agir ensemble, les initiatives restent rares et la mise en œuvre de projets plus englobants se fait attendre.

«On a tout pour bien faire mais on ne met rien en route», déplore David Guenin, directeur général de Gimmel Rouages SA, une entreprise qui élabore des composants pour l’horlogerie. Il constate deux autres problèmes: les changements conjoncturels incessants amènent les entreprises à allouer leurs ressources à la production ou à la recherche selon le rythme des commandes. Se consacrer à des projets à plus long terme ou collectifs est rendu difficile par la marche des affaires.

En outre, les marges bénéficiaires actuelles masquent la nécessité d’agir «avant qu’il ne soit trop tard». David Guenin espère que l’impulsion viendra de la Chambre neuchâteloise du commerce et de l’industrie. Si Florian Németi, le directeur de la CNCI, a assuré le soutien de son organisation à des projets de collaboration, il s’est pourtant gardé de formuler des propositions concrètes. «Nous n’allons pas agir tout seuls», déclare-t-il.

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