Affaire Kadhafi

Plainte et menace de plainte contre les Libyens

Les parties négocient et étalent leurs munitions

Elle veut montrer qu’elle a encore des munitions. Micheline Calmy-Rey a déclaré dans une interview à 20 Minutes que la Suisse examinait si elle pouvait engager une procédure contre la Libye pour kidnapping devant une instance internationale. Une déclaration publiée le jour même de la rencontre, à Madrid, entre les secrétaires d’Etat suisse et libyen sous l’égide de l’Allemagne et de l’Espagne, la première entre les parties depuis dimanche.

Cette phrase fait partie des tactiques de négociations. Alors qu’une somme de 1,5 million de francs, bloquée en Allemagne, sera versée à Hannibal Kadhafi si les responsables de la fuite qui a permis la publication des photos d’identité judiciaire dans la Tribune de Genève ne sont pas démasqués, Berne bande les muscles. Et fait mine de vouloir réagir à l’enlèvement des deux ex-otages en automne 2009, lors d’une visite médicale. Rachid Hamdani et Max Göldi avaient alors été détenus 53 jours dans un lieu secret. «Nous examinons différents scénarios. Reste encore à déterminer qui porterait plainte», souligne une source. Une chose est sûre: la Suisse ne peut pas saisir la Cour internationale de justice, la Libye ne reconnaissant pas sa juridiction.

Eric Stauffer a, lui, déjà franchi le pas. Le président du Mouvement Citoyens genevois a porté plainte vendredi contre Hannibal et Mouammar Kadhafi «pour prise d’otages avec demande de rançon, menaces et chantage». Il a saisi le Ministère public de la Confédération et la justice genevoise, sans se faire beaucoup d’illusions.

Peu d’éléments ont filtré de la réunion de Madrid, si ce n’est qu’elle a démarré avec plus d’une heure et demie de retard. Les secrétaires d’Etat ont abordé la question du tribunal arbitral, celle de la somme de 1,5 million de francs, de même que celle des investissements et l’impossibilité pour les citoyens suisses de voyager en Libye.

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