«Le Conseil fédéral a retrouvé son rôle»

Hans-Ulrich Bigler, directeur de l’Union suisse des arts et métiers

« Je suis très content de constater que le Conseil fédéral a retrouvé son rôle. Les mesures prises favorisent la bonne santé de l’économie sur le long terme. C’est une heureuse surprise. Il y a deux semaines, quand il a présenté son plan pour soutenir l’économie, on avait l’impression que son idée était de subventionner les entreprises exportatrices. Cela aurait été totalement absurde. Le Parti socialiste proposait de verser 6000 francs par place de travail aux entreprises exportatrices. Sur le long terme, cela ne sert à rien, en particulier si la situation économique continue à se dégrader. En revanche, la décision du Conseil fédéral de verser 500 millions de francs pour la caisse d’assurance chômage est une excellente chose. La sauvegarde des emplois est une priorité. La formule retenue a aussi l’avantage de ne pas modifier les cotisations de la caisse chômage. Le train de mesures 2012? On verra. C’est avant tout une déclaration d’intention. »

«Il manque des mesures ciblées»

Christian Levrat, président du Parti socialiste suisse

«Nous sommes satisfaits que le Conseil fédéral ait enfin décidé quelque chose. Cela fait plusieurs mois que le Parti socialiste le pousse dans ce sens. Il avait parlé d’un plan à 2 milliards de francs, on est à 870 millions. La communication a été maladroite, mais il ne faut pas s’arrêter aux chiffres. Je retiens que le gouvernement a repris en partie nos propositions sur le chômage partiel. Je déplore, en revanche, qu’il se soit arrêté au milieu du chemin. La politique de l’autruche ne peut pas durer. Les entreprises exportatrices ont besoin de soutiens directs. Seuls les barons de l’économie ne l’ont pas compris. Sur le terrain, les patrons des PME ont un autre regard. Il y a des entreprises qui ont des cahiers de commandes vides avec des coûts 20% à 30% trop chers sur un marché concurrentiel. Je le répète: pour maintenir l’emploi, on ne pourra pas faire l’économie de soutiens ciblés aux entreprises.

Il faut arrêter de penser que le marché peut tout régler.»