Il était prévu que le Conseil fédéral approuve vendredi le «Masterplan Cleantech», le plan directeur de la Confédération destiné à promouvoir les énergies vertes. Le porte-parole du gouvernement, André Simonazzi, a cependant annoncé que ce dossier, copiloté par Doris Leuthard et Johann Schneider-Ammann, avait fait l’objet d’une «première discussion» et que le Conseil fédéral le reprendrait «probablement après la pause estivale».

Pourquoi ce report? André Simonazzi invoque les «nombreuses interventions parlementaires» qui ont été adoptées par le Conseil national cette semaine (LT du 10.06.2011). Ces options impliquent de nouvelles réflexions qui devront être intégrées dans ce plan d’action «vert».

André Simonazzi n’en a pas dit davantage, précisant simplement que c’est là «l’une des raisons principales» du report de ce dossier. Cela laisse entendre que d’autres «raisons principales» ont retenu le Conseil fédéral de suivre ses deux ministres et d’avaliser ce catalogue contenant cinquante mesures d’incitation relevant des compétences de la Confédération, des cantons, des hautes écoles et des entreprises.

Lesquelles? On peut en esquisser deux. Premièrement, selon nos informations, ce plan directeur a été jugé déconnecté des réalités. Le document mis en consultation par Doris Leuthard l’automne dernier offre une approche aussi théorique que prudente alors que le Conseil national vient de prendre des décisions concrètes sur la sortie du nucléaire, la promotion des énergies renouvelables et l’efficacité énergétique.

Moyens financiers

Ces options nécessitent une approche plus fine que les axes très généraux du «Masterplan», auquel, avait bien précisé Doris Leuthard, aucun moyen financier particulier ne devait être affecté (LT du 05.11.2010). Or, la situation a changé. Des incitations financières seront nécessaires. Mais si les perspectives budgétaires de la Confédération sont bonnes pour 2012, elles paraissent plus aléatoires pour la suite.

Deuxièmement, ce plan d’action ne fait pas l’unanimité. Economiesuisse, en particulier, n’est guère enthousiasmée. L’organisation faîtière se méfie du terme «plan» et redoute qu’il contienne des «instruments relevant de l’économie planifiée». Elle craint notamment que le Conseil fédéral confine le secteur des «technologies propres» à un nombre restreint de branches jugées dignes de toucher des subventions alors que d’autres, comme le ciment, font de gros efforts de mue industrielle. Economiesuisse prépare son propre «Masterplan Cleantech» pour l’automne. Elle demande que le plan de la Confédération prenne en compte ses propositions.