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Pascal Broulis, institué guide durant la visite du chantier de Plateforme 10
© Pereira

Lausanne

Plateforme 10, un quartier d’art sur de bons rails

Un an après la pose de sa première pierre, visite en avant-première du bâtiment du Musée des beaux-arts, encore en chantier, sur le site de Plateforme 10 à Lausanne

Près de douze mois après la pose de sa première pierre, le Musée des beaux-arts se dresse déjà vers le ciel. La construction n’a pas pris de retard, «un chantier propre», ne cessera de répéter Pascal Broulis, institué guide durant la visite. Le bâtiment de 22 000 mètres carrés n’a pas encore revêtu son habit de briques grises, mais il impressionne déjà par son ampleur. Entrez par la porte principale et retrouvez-vous face à un édifice que vous connaissez bien: l’ancienne halle CFF devant laquelle passent les trains direction Genève, dont un pan a été consolidé et conservé en mur de fond. L’élément rappelle la controverse sur la destruction du patrimoine ferroviaire et son alliance au nouveau musée relève du génie architectural.

De la brique, du métal et du verre; c’est ainsi que les architectes catalans du bureau Barozzi Veiga ont pensé l’endroit. «La conception intègre l’histoire du lieu et conserve l’atmosphère de son passé industriel», présente fièrement Pascal Broulis. Les hautes baies vitrées inondent les pièces de lumière naturelle, invitant les visiteurs à entrer. Le Musée des beaux-arts est l’un des trois points forts du chantier. «Il sera livré clé en main au directeur en février 2019», promet le conseiller d’Etat.

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Une stratégie pour attirer les foules

Trois étages d’exposition et des pièces immenses débouchent les unes sur les autres, tantôt obscurcies, tantôt aérées. La voix de Pascal Broulis résonne et se perd dans ces espaces encore vides. «Si l’on capte 1% des 35 millions de voyageurs annuels qui, transitant par la nouvelle gare de Lausanne, passeront sous les fenêtres du site, cela nous ferait 400 000 visiteurs à Plateforme 10», calcule-t-il. Soit, mais les collections de ces trois musées réunis sont-elles suffisamment alléchantes pout attirer une telle foule?

«Nous offrons un nouveau modèle capable d’imaginer des expositions communes de sculpture, peinture, photographie et design», répond le ministre, chargé d’accompagner le bâtiment jusqu’à sa création. «Nous travaillerons de pair avec la chaire de recherche en humanités numériques à l’EPFL, qui réfléchit aux musées de demain. Et nous nous inscrirons dans un calendrier international pour nous positionner à terme aux côtés du Kunsthaus de Zurich et de la Fondation Beyeler de Bâle, même si pour l’instant on reste humble… Quoique, l’exposition de Sebastiao Salgado, c’est Lausanne qui l’a eue!»

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L’autre bâtiment phare de Plateforme 10, regroupant le Musée de design et d’arts appliqués contemporains (Mudac) et le musée de l’Elysée (consacré à la photographie), n’a pas encore reçu son premier coup de pioche. D’abord il faudra détruire la caserne de pompiers qui se trouve à son emplacement. Le bureau d’architectes portugais Aires Mateus a imaginé un espace sombre pour exposer les collections photographiques dans la partie inférieure, et plus lumineux – pour le design – à l’étage. «Ce sera comme une huître posée sur le sable qui s’ouvre et à l’intérieur, la perle, eh bien, c’est l’art!» s’exalte Pascal Broulis. Aucune opposition n’a été déposée concernant cette «phase deux» qui devrait voir le jour fin 2020.

«Imaginez cet espace la nuit»

Faut-il encore que l’harmonie existe entre ces deux édifices de formes, de couleurs et de matériaux très différents. Peut-être que le troisième point fort de ce nouveau quartier (qui représente globalement un investissement de près de 200 millions) aidera à lier les lieux. Ce sont ces arcades existantes, restaurées pour accueillir chacune un projet artistique. Le soir, elles feront office d’éclairage urbain. «Imaginez cet espace la nuit. Le Musée du quai Branly à Paris se visite en soirée et ça change tout! Les gens sont moins stressés. Nous repenserons donc les horaires. Ici, un restaurant haut de gamme ouvrira ses portes», désigne Pascal Broulis sur la place née du dégagement des anciens entrepôts de locomotives. On espère y percevoir des bruits et des odeurs de festival, beaucoup de musique.

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500 mètres de promenade artistique

Le visiteur voit au loin les trains disparaître vers Renens, il tourne la tête et aperçoit l’échappée qui monte depuis la gare. L’espace dégagé le long des voies de chemin de fer est gigantesque. De l’entrée est, côté gare, au pont Marc-Dufour, à l’ouest, s’étirent 500 mètres de promenade artistique.

Au nord, la rampe de chantier qui longe les habitations depuis l’avenue du Belvédère (sous la Clinique Cecil) deviendra chemin pour piétons et cyclistes. Le matin, ils traverseront Plateforme 10 pour gagner les voies, le soir ils s’arrêteront peut-être pour profiter de l’endroit. En ce sens, le site des trois musées ne se contente pas d’être un pôle artistique, mais prend aussi les traits d’un quartier urbain. Les riverains verront cet ancien terrain en friche valorisé, à commencer par le syndic de Lausanne qui habite l’immeuble surplombant le tout.

Ci-dessous, retrouvez notre visite en vidéo:


Les chantiers de la gare

A deux pas de Plateforme 10, la gare de Lausanne prépare sa mue considérable. Ses travaux d’agrandissement visent à doubler sa capacité d’accueil à l’horizon 2030. Le principal objectif est l’allongement des quais, afin de pouvoir y faire passer des trains plus longs. Plus de 80 logements sur le flanc sud seront détruits, la place de la gare sera excavée intégralement et redessinée. A l’horizon 2022, le quartier de la Rasude, situé à l’est de la gare de Lausanne, entre les voies ferrées, l’avenue de la Gare et l’avenue d’Ouchy, devrait attirer 1600 emplois et 300 habitants.

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