Ce dimanche 17 mai aurait dû avoir lieu la votation, d’importance, sur l’initiative de l’UDC dite «de limitation», qui vise à sortir la Suisse de la libre circulation des personnes avec l’UE. Un nouveau vote déterminant sur les relations Suisse-UE après la crise ouverte par l'acceptation du texte sur «l'immigration de masse» le 9 février 2014.

La tenue du scrutin a été annulée par le Conseil fédéral en mars en raison de la pandémie. Le débat s’était de toute manière affaissé d’une manière spectaculaire, au fil de la montée, rapide, du virus dans les préoccupations publiques et politiques.

Nouvel horizon: le 27 septembre

Le 29 avril, le gouvernement a annoncé qu’il compte organiser des votations fédérales le 27 septembre, prochaine date du calendrier des scrutins. Les ministres ont assorti cette communication de la nuance de circonstance, l'hypothèse d'un nouveau confinement.

Reste que sans nouvelle poussée d’infection, les citoyens zélés auront du grain à moudre en vue du 27 septembre. Cinq objets fédéraux sont prévus, pas anecdotiques. Pour bien s’y préparer pendant cet été passé sur une chaise longue au Tessin ou au bord du lac de Thoune, voici le menu à mastiquer.

◼L’initiative «de limitation»

Celle qui aurait dû être tranchée ce 17 mai. Les initiants prônent une «maîtrise» complète de l’immigration par le pays, selon un argumentaire qui ressemble à ceux des pro-Brexit dans le Royaume-Uni. Les opposants, dont l’artillerie lourde de l’économie, dénoncent un texte qui ferait sauter toutes les relations avec l’UE, principal partenaire économique de la Suisse.

L'ouverture de la campagne, avortée: L'UDC lance la campagne sur l'initiative de limitation

◼︎ La loi sur la chasse

Un texte attaqué par référendum, comme tous les suivants. La question porte d’abord sur le loup, ensuite sur d’autres espèces. Le parlement estime avoir élaboré une nouvelle loi équilibrée, notamment parce qu’elle transmet des compétences de la Confédération aux cantons. Les opposants, pour l’essentiel les associations écologistes et la gauche, dénoncent un «anéantissement» de la protection des espères menacées.

Le débat au parlement: Le loup pourrait plus facilement être abattu

◼︎ La déduction fiscale pour enfants

Le sujet est précis. Comme le résume l'ATS, au début, il était question du relèvement de la déduction fédérale pour les frais de garde de 10 100 francs à 25 000 francs: personne n’a bronché. Mais la gauche s’est insurgée du fait qu'une proposition individuelle PDC acceptée par les Chambres a ajouté une augmentation de la déduction générale pour les enfants de 6500 à 10 000 francs.

A ce sujet: Le PDC est mis au défi d’aider les familles

◼︎ Deux semaines de congé paternité?

Le projet repose sur les allocations pour perte de gains. Il est estimé à 230 millions de francs par an. Il provoquerait un relèvement des cotisations de 0,05%, ce qui a suscité la levée de boucliers de l’UDC et d’une partie du PLR.

La nébuleuse des opposants: Un comité hétéroclite contre le congé paternité

◼︎ L’acquisition de nouveaux avions de combats

Dernier sujet et pas le moindre: le Département de la défense revient sur la question des avions de combat, dont le remplacement par 22 Gripen a été refusé par 53,8 % des voix en mai 2014. Le crédit – dit fonds Gripen, le modèle était déjà choisi – s'élevait à 3,1 milliards de francs.

Cette fois, il est question de 6 milliards. Et on ne parle pas d’un avion en particulier (Rafale? Eurofighter? F-35A?): le vote porte sur le principe de l’achat.

Au terme des débats parlementaires: Les avions de combat mettent 
le cap sur les urnes