Sciences

Plongée en eau douce, dans le chantier d’Aquatis

A Vennes, le plus grand aquarium-vivarium d’eau douce d’Europe ouvrira ses portes fin septembre. Une visite en immersion parmi plus de 10 100 espèces animales attend le public

A Vennes, sur les hauteurs de Lausanne, le chantier d’Aquatis bat son plein. Avec ses 46 aquariums, vivariums et terrariums, le lieu deviendra le plus grand aquarium d’eau douce d’Europe et abritera quelque 10 000 poissons et 100 reptiles. Son coût: 65 millions de francs. Initialement prévue fin juin, l’ouverture a finalement été reportée à fin septembre à cause de la complexité des travaux. Le public pourra effectuer une visite autour des cinq continents, des mangroves asiatiques à la Grande barrière de corail, en passant par l’itinéraire du Rhône et la forêt tropicale.

Pour l’heure, câbles, échelles et dalles de béton occupent l’espace de 3500 m² sur deux étages. De part et d’autre, à l’intérieur de cet écrin d’écailles, quelque 80 ouvriers s’affairent dans la poussière et le bruit des perceuses sur le chantier démarré en 2014. Ils seront 200 ces prochaines semaines. Les différentes étapes du parcours prennent peu à peu forme dans un mélange de décors factices et naturels. Certains sont déjà visibles. Ici, des troncs d’arbres qui serviront à aménager le coin africain, là des frises de béton projeté pour imiter la banquise du pôle Nord ou encore des palétuviers artificiels pour façonner la mangrove.

«Une Arche de Noé»

Dédié à la sauvegarde des espèces vivantes, l’aquarium d’eau douce entend aussi sensibiliser le public à l’écologie en misant sur une scénographie immersive et interactive. «Une Arche de Noé nouvelle génération», résume Bernard Russi, directeur du groupe BOAS, partenaire principal avec le groupe de construction Grisoni-Zaugg, qui insiste sur l’importance des nouvelles technologies.

Lire aussi: Les entreprises mandatées contribuent au financement d’Aquatis à Lausanne

L’enjeu? Faire d’Aquatis un pôle d’attraction en mêlant loisirs, détente et sciences – un hôtel de 143 chambres ouvert en 2015 et un centre de conférences jouxtent l’aquarium. Des ateliers pédagogiques à l’intention des écoliers dès l’âge de 6 ans seront organisés: en Suisse romande dans un premier temps, puis en Suisse alémanique. 450 000 visiteurs sont attendus la première année puis environ 380 000.

Poissons en quarantaine

Au sous-sol, plusieurs espèces animales vivent actuellement en quarantaine, le temps de s’acclimater. Au détour des bassins de plastique bleu et des aquariums superposés, on croise des arapaïmas, plus gros poissons d’Amazonie pouvant atteindre 4 mètres, des raies de Leopold, des piranhas ou encore dix poissons alligators offerts par l’aquarium de Singapour.

La grande majorité des pensionnaires, comme les espèces du Vivarium de Sauvabelin aujourd’hui fermé, ne rejoindront Aquatis que dans les prochaines semaines. Deux millions de litres d’eau seront nécessaires pour faire fonctionner l’installation.

Au-delà des poissons, crocodiles et dragons de Komodo investiront bientôt les lieux. Si Aquatis célèbre la vie sous toutes ses formes, le complexe prévoit également un espace dédié à l’évolution des espèces. Sous une voûte, un spinosaure de plastique subit actuellement les dernières retouches. «Nous avons choisi cet animal car il vivait à la fois sur terre et dans l’eau», détaille Angélique Vallée-Sygut, directrice scientifique du projet. La gueule amovible du dinosaure risque de surprendre plus d’un visiteur fin septembre.

Publicité