Que l’on cesse de regarder la ville de Lausanne comme des vallons aux constructions disparates, et que l’on apprenne à percevoir une cohérence dans son urbanisme, à y trouver même une véritable identité: c’est le parti du jeune architecte Benoît Jacques. Avec son acolyte Rui Pinto, il nous invite à nous plonger dans un aspect méconnu de l’architecture de la capitale vaudoise à travers leur exposition Plot. Atlas d’une particularité lausannoise du 19 septembre au 20 octobre au Forum d’architectures, au centre de Lausanne. On y découvre que, contrairement à Genève ou Paris où les façades des avenues sont continues, Lausanne se caractérise par son urbanisme ouvert. «Le rêve américain périurbain des années 1950, avec ses fronts discontinus, a été inventé un peu sans le savoir par Lausanne», s’enthousiasme Benoît Jacques.

Jusqu’au milieu du XIXe siècle, l’urbanisme lausannois se résume à son centre historique dense au front bâti continu, fortement insalubre. Les plus anciennes rues et bâtisses de la ville sont contenues sur la colline de la cité, et s’étendent petit à petit dans les faubourgs de Saint-Laurent et de Saint-François. Le reste de la commune est alors constitué de campagnes et de domaines viticoles.