Le Parti libéral-radical réagit vivement aux thèses présentées mardi matin par les socialistes. Fait inhabituel, il a organisé une conférence de presse pour démonter l’une après l’autre les recettes politiques présentées quelques heures plus tôt par le PS. «Le PS nous a une nouvelle fois attaqués. Or, ses recettes ne nous plaisent pas du tout. Elles mettent le modèle suisse en danger», décrète le président du PLR, Philipp Müller.

«Le PS veut réglementer et restreindre les libertés. Le PLR propose exactement le contraire», poursuit-il. Les libéraux-radicaux critiquent en particulier la position du PS en matière d’égalité salariale, c’est-à-dire leur préconisation d’un contrôle des salaires, avec des dispositions contraignantes et des possibilités de sanctions en cas de différences salariales entre hommes et femmes. Par ailleurs, les CCT doivent fixer des salaires minimaux, selon les socialistes. « Le peuple n’a pas voulu de salaires minimaux », réplique le vice-président du PLR, Christian Lüscher.

La position socialiste en matière de retraites n’est pas davantage digérée par le PLR. L’initiative AVSPlus prévoit une hausse des rentes de 10%. Elle coûterait entre 4,1 et 5,5 milliards. « Elle n’est pas finançable. Mais le PS a réussi à faire passer une partie de cette initiative dans la Prévoyance vieillesse 2020 en commission. L’augmentation des rentes de 70 francs par mois et celle des rentes de couples représentent une hausse globale de 6%, soit à peine moins que l’initiative AVSPlus», s’étrangle la conseillère aux Etats Karin Keller-Sutter. De surcroît, le PS et le PDC ont convaincu la majorité de la commission de financer cette mesure par un accroissement des cotisations salariales de 0,3%. « C’est inacceptable dans le contexte économique actuel marqué par le franc fort», ajoute la Saint-Galloise.

Le PLR critique les autres points du programme socialiste, en particulière les chèques-enfants qui remplaceraient les déductions fiscales. Cela entraînerait un coût de 960 millions. Le PLR n’en veut pas. Pourquoi a-t-il décidé de réagir publiquement aux thèses présentées par le PS ? « Le programme du Parti socialiste est le plus éloigné du nôtre. C’est notre principal adversaire politique en matière économique », justifie Philipp Müller. Il répond aussi à l’invitation du PS à rendre public le coût de la campagne du PLR : « Il n’y a aucun secret et nous avons déjà donné nos chiffres. Notre campagne coûtera entre 3,3 et 3,5 millions ».