Un parti politique évolue sans cesse. Son personnel se renouvelle, ses priorités aussi. Le climat et l’égalité hommes-femmes sont, par exemple, devenus des thèmes incontournables. Comment les anciens vivent ces évolutions, quel regard les jeunes portent sur l’avenir de leur formation? Cette série propose des rencontres entre des personnalités qui ont marqué les cinq grands partis du pays et ceux qui incarnent la relève.

Il a le sens de la formule et de l’allégorie. Dans la salle de réception du Domaine des Faverges, construit en terrasses sur les hauts de Saint-Saphorin, Pascal Couchepin marche droit sur un meuble de belle facture dont il ouvre le battant. Il en tire un petit autel rétractable, conçu pour célébrer l’Eucharistie quasi clandestinement: «Sous la domination des baillis bernois, il fallait rester discret, conte-t-il. Les moines catholiques de ce domaine étaient tolérés en terres protestantes, à condition qu’ils célèbrent la messe de manière peu ostensible et qu’ils engagent des vignerons qui soient de bons paroissiens réformés.»

L’ancien conseiller fédéral valaisan n’est pas en terres inconnues. C’est lui qui a choisi l’endroit pour sa charge symbolique: de fait, les Faverges sont en terres vaudoises; de droit, le domaine appartient à l’Etat de Fribourg. Un clin d’œil du poids lourd du PLR valaisan à l’endroit de l’étoile montante du PLR fribourgeois, la nouvelle conseillère aux Etats Johanna Gapany. Deux spécimens politiques réunis pour une conversation à bâtons rompus, dont Le Temps se promettait de saisir les connivences et les contrastes. L’Alphatier, comme disent les Alémaniques, le politicien en acier trempé, aussi impitoyable que charpenté, face à la femme d’ambition, avec une tête suffisamment bien faite pour avoir créé la surprise.