Aller au contenu principal
Encore 1/5 articles gratuits à lire
Réunion des délégués du Parti libéral-radical 
© Peter Klaunzer

MEDIAS

Pour le PLR, «No Billag» est trop radicale

A Bienne, les délégués libéraux-radicaux ont clairement dit non à l’initiative «No Billag» soumise au vote le 4 mars prochain. Ils préfèrent des réformes ciblées du paysage médiatique suisse

Le résultat a sonné de manière très claire au terme d’une discussion relativement convenue. Les délégués du Parti libéral-radical (PLR) rejettent l’initiative «No Billag» soumise au vote le 4 mars prochain. Ils ont adopté samedi leur mot d'ordre par 204 voix contre 82 et 12 abstentions.

Les Romands, Tessinois et Grisons avaient fait le déplacement en nombre à Bienne. Les minorités linguistiques ont ainsi pesé lors du vote, face à une partie de la délégation zurichoise, de celle de Suisse centrale, et de nombreux jeunes PLR, acquis à l’initiative «No Billag» qui se propose de supprimer tout financement public aux médias électroniques.

Retrouvez tous nos articles sur la votation sur l’initiative «No Billag» 

Le dilemme du PLR

Chargé de présenter le texte de l'initiative, le conseiller national Christian Wasserfallen (PLR/BE) a souligné le dilemme dans lequel se trouvent de nombreux partisans PLR: «La conseillère fédérale Doris Leuthard n’a malheureusement proposé aucun contre-projet à cette initiative. Vous avez donc le choix entre tout ou rien, 0% ou 100%, ce que l’on ne peut que regretter», a expliqué le jeune Bernois, applaudi par les délégués. Le côté trop radical de l'initiative - qui ne laisse qu'une infime marge d'interprétation -  a été souligné par de nombreux intervenants, tout comme la crainte d'une perte de qualité et de diversité du paysage médiatique.

Président romand du comité «No Billag» et membre du PLR Nicolas Jutzet a tenté sans succès de faire vibrer la corde de la liberté individuelle auprès de ses collègues. «On n’empêche personne de soutenir la SSR. En Suisse romande, 94% des citoyens la consomment. Pourquoi ne la soutiendraient-ils pas librement à l’avenir? La vraie question est celle-ci: a-t-on confiance en le citoyen?»

Un papier tutti frutti

Avant l’adoption du mot d’ordre, la direction du PLR a veillé à désamorcer le débat au potentiel explosif. Elle l'a fait de deux manières. D’une part, la présidente du parti Petra Gössi a déclaré dès l'ouverture de l’assemblée qu’elle glissera personnellement un non dans les urnes le 4 mars prochain. «Il faut des adaptations, pas une révolution».

D'autre part, pour cimenter cette position, avant de débattre de «No Billag», le PLR a soumis à ses délégués un papier de position intitulé «Plus de marché pour le paysage médiatique suisse». Ce document contient des propositions qui peuvent se lire comme une voie médiane entre la situation actuelle et la fin pure et simple du soutien étatique à des médias électroniques, notamment la SSR. Il se veut aussi un condensé des différents courants qui traversent le PLR en matière de politique médiatique.

Il est écrit dans ce document que «la SSR joue un rôle important en tant que prestataire de service public» mais aussi que «le statu quo n’est pas une option». Le PLR prône des réformes ciblées, dont certaines ont toutefois été soumises au Parlement ou au peuple dans un passé très récent. Il souhaite par exemple une définition claire de l’offre du service public, l’exemption des entreprises de la redevance ou encore le maintien provisoire des aides aux médias indirectes pour la presse écrite. Ce papier a été  accepté par 275 voix contre 7 et 11 abstentions.

«Garder la tête froide» face à Bruxelles

En matière de politique européenne, la présidente du PLR Petra Gössi a par ailleurs estimé samedi à Bienne que la Suisse «doit garder la tête froide et négocier adroitement», faisant référence à l’accord institutionnel qui doit venir chapeauter la relation bilatérale entre Berne et Bruxelles. Elle a affirmé que le PLR avait toutefois envie «d’avancer» et a annoncé que le parti soumettra en juin à ses délégués un papier de position sur la politique européenne. Et la Schwytzoise d’appeler encore à l'unité nationale ou presque derrière une stratégie européenne commune: «Il faut un plan commun et de l’unité entre le Conseil fédéral, le Parlement, l’économie et les citoyens», a-t-elle affirmé.

Dans un entretien publié dans le Blick samedi, la même Petra Gössi se montre cependant un peu moins prompte à «l’unité».  Elle déclare que le Parti socialiste ne pourra devenir un partenaire naturel du PLR sur le dossier européen que s’il abandonne son but d’adhérer à l’UE à terme. Elle affirme aussi que rien ne presse dans la conclusion d’un accord institutionnel. «Parce que nous devons d'abord négocier et trouver un bon contenu pour cet accord. S'il est bon, nous pouvons aller vite. Mais le contenu est plus important que le tempo», précise-t-elle.

 

Lire aussi: Suisse-UE: les partis pressent sur le bouton «reset»

Dossier
La controverse «No Billag»

Publicité
Publicité

La dernière vidéo suisse

Des gilets à 3000 francs pour l'armée suisse? Le débat divise le parlement

Le Conseil national a refusé de suivre l'avis du Conseil des Etats. Celui-ci voulait réduire de moitié la facture des nouveaux gilets de l'armée suisse. Il a été convaincu par les arguments du chef du DDPS, Guy Parmelin. La question reste donc en suspens.

Des gilets à 3000 francs pour l'armée suisse? Le débat divise le parlement

n/a