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L’autre difficulté pour le PLR Urbain consistera à ne pas s’aliéner son partenaire politique régulier, à savoir l’UDC, en défendant, notamment en termes de mobilité douce et d’écologie, des points de vue très opposés.  
© PETER SCHNEIDER/Keystone

Politique

Le PLR part à la reconquête des villes

Les sections libérales-radicales des huit plus grandes villes de Suisse créent une nouvelle organisation, le PLR Urbain. Elles veulent renverser la domination rose-verte dans les centres en sortant d’un discours d’opposition pour devenir une force de proposition

La désillusion était grande pour la droite dimanche dernier à Zurich. Celle-ci, qui annonçait une «révolution» en présentant cinq candidats UDC, PDC et PLR à l’exécutif, a connu la déroute. Le PDC disparaît même de l’échiquier politique de la plus grande ville de Suisse. «La droite ne sent plus le pouls de la population urbaine», analysait le politologue Michael Hermann lundi dans nos colonnes.

La situation zurichoise est emblématique. A Lausanne, la droite n’occupe qu’un siège à l’exécutif, avec le PLR Pierre-Antoine Hildbrand. A Genève, le démocrate-chrétien Guillaume Barazzone, seul représentant du centre droit au sein du Conseil administratif, relève que le PDC et le PLR se maintiennent. Mais la déroute de son parti à Zurich le fait réfléchir. «Il ne suffit pas d’avoir un discours en opposition à la majorité rose-verte. Il faut montrer ce que l’on propose et qui permet d’obtenir des résultats concrets.»

Lire aussi: Une municipalité de Lausanne monocolore? Le grand frisson

Changer d’image

Pour la droite, l’heure est à la reconquête. Jeudi à Berne, les sections PLR des villes de Bâle, Berne, Genève, Lausanne, Lucerne, Saint-Gall, Winterthour et Zurich ont lancé une nouvelle organisation: le PLR Urbain. «Cela fait des années que nous dépensons beaucoup d’énergie pour dire ce que les Verts et le Parti socialiste font de faux», analyse Bernhard Eicher, du PLR de Berne. Les libéraux-radicaux veulent changer leur image et se présenter dans les villes comme une force de proposition.

La nouvelle organisation PLR Urbain a identifié pour cela quatre grands thèmes: mobilité du futur, habitat urbain, ville créative et productive et «Smart City». Elle émet des propositions dans chacun de ces domaines: les villes doivent devenir les laboratoires des solutions innovantes de mobilité, offrir des incitations fiscales permettant la densification urbaine tout en encourageant l’écologie, abaisser les normes afin de favoriser le commerce de détail ou encore mettre en place une «administration digitale svelte».

L’impasse sur les questions de société

L’organisation, qui étoffera sa réflexion et ses propositions cet automne, a défini son public cible: «L’électorat futur du PLR dans les villes doit rassembler toutes les personnes qui pensent de manière entrepreneuriale et créative», indique Bernhard Eicher. Avec un but au final: «Nous voulons être représentés dans tous les exécutifs des villes suisses», souligne Beat Habegger, responsable du PLR Urbain.

On peut s’étonner que cette nouvelle organisation, qui se présente comme le tenant d’une «politique urbaine libérale et d’avenir», ait fait l’impasse sur les thèmes sociétaux dans son papier de position. La libéralisation des drogues ou l’égalité salariale, par exemple, ne font-elles pas partie des sujets qui touchent précisément l’électorat urbain, sur lesquels les sections des villes trouveraient un intérêt à se distancier des positions du PLR Suisse?

«Ce ne sont pas des thèmes centraux des villes, balaie Beat Habegger. Mais il n’est pas exclu qu’à l’avenir nous développions des positions différentes de celles du parti suisse.» Membre du comité directeur du PLR Lausanne, Françoise Salamé nuance: «La politique des drogues est un thème urbain auquel nous allons sans doute nous intéresser. Mais nous commençons par les fondamentaux.»

Le danger d’un porte-à-faux

La question suscite visiblement un malaise. Et pour cause: le PLR et le PDC affichent généralement des positions plus conservatrices au niveau fédéral que dans les villes. Pour les sections urbaines, il s’agit de ne pas se mettre en porte-à-faux avec le parti suisse tout en assumant leurs différences. «De plus en plus, pour être cohérent, il faudrait faire deux communications au sein du parti pour distinguer les politiques menées dans les villes et au niveau national», reconnaît un élu de droite.

L’autre difficulté pour le PLR Urbain consistera à ne pas s’aliéner son partenaire politique régulier, à savoir l’UDC, en défendant, notamment en termes de mobilité douce et d’écologie, des points de vue très opposés. Son autre partenaire naturel dans les villes, le PDC, se laissera-t-il inspirer par le mouvement? «Je me méfie des effets d’annonce marketing. Ce qui compte, c’est ce qui se passe concrètement, affirme Guillaume Barazzone. Mais bien sûr, pour le PDC, qui perd globalement des voix, je suis persuadé qu’il y a un grand potentiel d’électeurs dans les villes. Il faut développer non seulement un discours, mais aussi un programme.»

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