«Par beau temps, notre gouvernement fonctionne bien, mais ce n’est pas le cas en temps de crise», a dit la conseillère nationale Isabelle Moret devant la presse à Berne pour justifier le besoin de réforme. La Vaudoise a également invoqué la polarisation accrue de la politique et la pression médiatique de plus en plus forte.

Pour remédier à ces problèmes, le Parti libéral-radical (PLR) souhaite donner plus de moyens au Conseil fédéral en augmentant sa capacité d’action et de réaction et en le déchargeant de certaines tâches, a précisé Mme Moret. Le parti va déposer plusieurs interventions parlementaires en ce sens.

Une motion de Kurt Fluri (SO) demande ainsi d’étendre la durée de la présidence de la Confédération à deux ans au moins, avec la possibilité d’une réélection. Les candidats à ce poste seraient proposés par les partis. Le président aurait en outre davantage de compétences pour déterminer l’agenda et fixer des délais pour certains dossiers.

Pas d’élection par le peuple

Pour faciliter les contacts avec l’étranger, les libéraux-radicaux suggèrent aussi de coupler la présidence avec le Département fédéral des affaires étrangères. Ils ne veulent en revanche pas augmenter le nombre des ministres ni les faire élire par le peuple. Cela accroîtrait le risque de populisme et de campagne à l’américaine, a averti le conseiller national Hugues Hiltpold.

Autre proposition, avancée par le Genevois dans une interpellation: donner la possibilité au gouvernement de nommer des secrétaires d’Etat ou des délégués. Cette décharge lui permettrait de mieux se concentrer sur l’essentiel, estime M. Hiltpold. Leur nombre serait variable en fonction des besoins. Le peuple avait rejeté en 1996 une proposition de créer des secrétaires d’Etat.

La réforme du gouvernement est un serpent de mer qui préoccupe le Parlement depuis de nombreuses années. Le gouvernement planche lui aussi sur le dossier suite à un postulat déposé par Didier Burkhalter alors qu’il était encore conseiller national, en 2006. Il devrait présenter ses propositions mercredi prochain, selon Isabelle Moret.

Le dossier agite les états-majors des partis, à l’image des Verts qui ont proposé la semaine passée d’augmenter à neuf le nombre des conseillers fédéraux, qui seraient élus selon un scrutin de liste. L’UDC a lancé pour sa part une initiative populaire qui demande l’élection du gouvernement par le peuple.