Succession de Burkhalter

Le PLR s’apprête à annoncer si une tête doit déjà tomber

Vendredi, à Neuchâtel, le groupe parlementaire PLR se prononcera en faveur d’un ticket à deux ou trois candidats en vue de la succession de Didier Burkhalter. Il décidera ainsi du sacrifice ou non d’un des trois grands noms du parti

Une étape de plus sera franchie vendredi en fin d’après-midi en vue de la succession de Didier Burkhalter. Le groupe parlementaire PLR choisira son ticket à Neuchâtel. Principal enjeu: décider si une tête doit déjà tomber et, si oui, laquelle. Seuls trois candidats sont sur les rangs: le conseiller national tessinois et président de groupe Ignazio Cassis (56 ans), la conseillère nationale vaudoise Isabelle Moret (46 ans) et le conseiller d’Etat genevois Pierre Maudet (39 ans). Ils se présenteront dans l’après-midi devant le groupe.

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Deux ou trois?

Les 44 parlementaires PLR (si on enlève Ignazio Cassis et Isabelle Moret) devront d’abord dire s’ils présenteront officiellement deux ou trois noms à l’Assemblée fédérale qui tranchera le 20 septembre. La première option, répondant à une certaine tradition, permet de «dégager le terrain» et au groupe de s’affirmer.

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Mais elle a pour inconvénient de transmettre un autre message. La personne non retenue aura été «sacrifiée». En éliminant Ignazio Cassis, les libéraux-radicaux devraient assumer d’avoir laissé tomber le Tessin, qui réclame un conseiller fédéral depuis dix-huit ans. En abandonnant Isabelle Moret, ils «tueraient la femme», alors qu’ils n’ont eu qu’une ministre, Elisabeth Kopp de 1984 à 1989. L’alternative serait de barrer la route à Pierre Maudet, l’outsider de Genève, canton qui compte moins de conseillers fédéraux jusqu’ici que le Tessin et Vaud. Pour échapper à ce dilemme, le groupe PLR pourrait laisser aux Chambres fédérales le soin de trancher entre les trois prétendants.

La campagne continue

Que ce soit jusqu’à vendredi après-midi ou jusqu’au 20 septembre, les candidats devront faire campagne pour mettre en avant leurs atouts et faire face aux critiques. Ignazio Cassis apparaît comme favori, notamment parce qu’il porte les couleurs tessinoises.

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Le médecin, spécialisé dans les questions sociales, peut se prévaloir de dix ans d’expérience sous la Coupole, dont plusieurs à diriger son groupe et la commission de santé publique et de la sécurité sociale. La gauche lui reproche toutefois ses positions sur la réforme de la prévoyance vieillesse et sa proximité avec les assureurs maladie.

Sa décision de renoncer à son passeport italien a été diversement appréciée. Isabelle Moret, seule mononationale du lot, ne doit pas se poser cette question. Elle peut, elle aussi, miser sur l’expérience acquise au parlement depuis 2006 et revendiquer d’autres combats que ceux liés aux affaires sociales.

Une femme

Un de ses atouts majeurs, même si l’intéressée le minimise, est d’être une femme, alors que le Conseil fédéral n’en compte plus que deux et peut-être plus pour très longtemps. Isabelle Moret devra toutefois faire accepter à la majorité alémanique que trois ministres sur sept doivent continuer d’être Romands. Et son canton est déjà représenté au gouvernement en la personne de l’UDC Guy Parmelin.

Lui aussi Romand mais pas Vaudois, le ministre genevois de l’Eéconomie et de la sécurité Pierre Maudet est le seul candidat à pouvoir se prévaloir d’une expérience au sein d’un exécutif, à défaut d’avoir siégé sous la Coupole. Il s’est fait un nom en luttant contre la criminalité et avec son action pour la légalisation des sans-papiers. Le jeune outsider en a surpris plus d’un par la campagne très professionnelle menée depuis qu’il a lancé publiquement sa candidature. Son profil de jeune loup pourrait tout aussi bien séduire que créer des craintes.

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Encore des embûches

Si le groupe PLR opte pour un ticket à deux, Ignazio Cassis a toutes les chances d’y figurer. A moins que les partisans des Romands soient assez nombreux et fins stratèges pour unir leurs voix et l’écarter. D’autres embûches attendent les candidats retenus, qui seront entendus par les autres partis la veille de l’élection ou une semaine auparavant. Les enjeux seront politiques (position sur l’Europe, l’économie ou le social, double nationalité, représentation féminine ou tessinoise). Mais les stratégies à court terme des différentes formations politiques pourraient aussi brouiller le jeu.

D’autres noms que ceux des prétendants officiels, comme celui de la Tessinoise Laura Sadis, pourraient apparaître sur les bulletins le 20 septembre. Des candidatures sauvages semblent avoir peu de chances. Mais elles peuvent drainer des voix, qui manqueront cruellement à tel ou tel aspirant conseiller fédéral.

Dossier
Succession de Didier Burkhalter: l'élection d'Ignazio Cassis au Conseil fédéral

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