Suisse

Le PLR se profile contre l’extrémisme islamique

Dans le cadre de la révision de la loi sur le maintien de la sécurité intérieure, le PLR demande entre autres que toutes les prédications soient traduites dans l’une des langues nationales et que les bâtiments de culte soient ouverts à tous . C’est l’extrémisme islamique qui est visé

Après avoir pris ses distances avec le milieu de la finance, le PLR soigne son positionnement sur le créneau de la sécurité intérieure, plus particulièrement sur le thème de la surveillance de l’extrémisme islamique. Et c’est le promoteur de la stratégie de l’argent propre, l’Argovien Philipp Müller, qui se profile sur ce dossier, en demandant aujourd’hui que l’Etat dispose des moyens nécessaires pour «étouffer dans l’œuf les tendances dangereuses». En l’espèce, c’est le Conseil central islamique suisse du converti biennois Nicolas Blancho qui est dans sa ligne de mire.

Concrètement, le PLR veut remettre à l’ordre du jour la révision de la loi sur le maintien de la sécurité intérieure (LMSI). Cela lui permet de jeter une pierre dans le jardin de l’UDC. C’est parce que l’UDC a voulu punir Samuel Schmid qu’elle a torpillé la révision de la LMSI avec la complicité de la gauche, dénonce le Genevois Christian Lüscher. Et Ueli Maurer, «qui ne fait de toute façon pas grand-chose, ne fait rien du tout dans le domaine de la sécurité intérieure». Le PLR exige aujourd’hui qu’Ueli Maurer mette rapidement en consultation la révision de LMSI et la soumette au parlement lors de la prochaine session déjà.

Connaître pour lutter

Il faut savoir ce qu’est l’extrémisme si on veut lutter contre lui, assure Christian Lüscher, et la révision de la LMSI doit combler les lacunes qui empêchent aujourd’hui la recherche d’informations et l’observation préventive des milieux qui pourraient mettre en péril la sécurité intérieure. Dans un document publié jeudi, le PLR affirme la nécessité de prendre des mesures concrètes pour les communautés religieuses de toutes les confessions. Les prédicateurs doivent s’exprimer dans l’une des langues nationales, et à défaut une traduction simultanée doit être proposée. Tous les écrits confessionnels mis en circulation en Suisse doivent être traduits dans l’une des langues nationales et mis à la disposition des autorités, et les mosquées et autres bâtiment de culte doivent être accessibles à toutes les personnes. Le parti reprend également un certain nombre d’exigences relatives à la formation des imams.

Malgré leur formulation très générale, c’est l’extrémisme islamique qui est visé, convient Christian Lüscher, et il n’est pas question d’exiger la traduction simultanée de la messe en latin. Ces propositions concernant la sécurité intérieure s’inscrivent par ailleurs dans une démarche plus globale comprenant une loi-cadre sur l’intégration et le contre-projet à l’initiative de l’UDC sur l’expulsion des étrangers.

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