Johann Schneider-Ammann menacé? Officiellement, les libéraux-radicaux se disent «sereins», à la veille des élections au Conseil fédéral, le 14 décembre. Pourtant, le PLR n’est pas assuré de conserver ses deux sièges, ce qui marquerait une perte historique pour le parti fondateur de la Suisse moderne.

«Je n’ai pas le sentiment d’un souci, d’une crainte particulière au sein du groupe, assure le conseiller national fribourgeois Jacques Bourgeois. Nous respectons la concordance. Or il y a presque 3% qui séparent le PLR du PDC (ndlr: le premier a obtenu 15,1% des voix aux dernières élections fédérales, le second 12,3%).»

La menace vient de l’UDC

Dans les coulisses, certains libéraux-radicaux avouent craindre un basculement du Conseil fédéral au centre gauche. Surtout, si une grande majorité des élus PLR se disent prêts, en principe, à voter en faveur de Bruno Zuppiger, ils savent aussi que la menace qui plane sur Johann Schneider-Ammann vient précisément de l’UDC.

«Est-ce que Bruno Zuppiger, le président de l’USAM (ndlr: Union Suisse des arts et métiers), peut décemment attaquer Johann Schneider-Ammann, un ancien président de Swissmem?» s’interroge un conseiller national. Qui ajoute que ces organisations sont toutes deux membres d’economiesuisse…

Nul doute, donc, que les milieux économiques – et particulièrement la grande économie – exercent une forte pression sur les démocrates du centre, même si Bruno Zuppiger et Johann Schneider-Ammann représentent deux groupes économiques différents, le premier, les PME, et le second, l’économie d’exportation et le secteur industriel lourd. L’UDC est-elle prête à attaquer le siège de Johann Schneider-Ammann? «Nous ne donnerons peut-être pas notre réponse avant le matin du 14 décembre», a répondu Christoph Blocher lundi.