Le PLR sort vainqueur des élections à Zurich

Votes Le troisième parti du canton décroche huit sièges supplémentaires

Les cinq candidats bourgeois sont élus au Conseil d’Etat. Le ministre vert Martin Graf est évincé

Il a le sourire épanoui. Beat Walti, président du PLR zurichois, savoure en ce dimanche soir la victoire du parti aux élections cantonales aux côtés d’une centaine d’adhérents réunis dans le hall en verre de PwC à Oerlikon. Les résultats de la Chancellerie affichés sur un écran ont de quoi réjouir le troisième parti du canton: avec une hausse de 4,4% des voix, le PLR décroche huit sièges supplémentaires au parlement, soit 31 sur 180.

Tous les districts de la ville et quasiment toutes les communes du canton ont plébiscité le Parti libéral-radical. «Les Zurichois ont voté pour la fiabilité. Nous avons toujours les mêmes priorités et n’en dévions pas, contrairement à d’autres partis. Face à un avenir incertain, nous offrons la stabilité», commente le président du PLR, entre deux poignées de main et des félicitations.

«Les électeurs ne nous identifient plus seulement au monde de la finance», souligne pour sa part Ursula Gut, conseillère d’Etat sortante venue assister aux festivités de son parti, rythmées par un orchestre de jazz.

Le PLR est la seule formation politique à Zurich à avoir bénéficié d’une telle progression dimanche – une croissance qu’elle n’avait plus connue depuis près de 20 ans. Le premier parti du canton, l’UDC, stagne avec 54 députés élus. Le deuxième parti, le PS, progresse légèrement (+1) et décroche 36 sièges. Seule la gauche radicale, l’Alternative Liste, connaît une plus forte croissance que les socialistes, engrangeant 5 sièges (2 de plus qu’en 2011).

Les écologistes ont subi quant à eux un dimanche noir. «C’est horrible», désespère Esther Guyer, présidente des Verts zurichois, devant la caméra du Tages-Anzeiger , après les premiers résultats provisoires. Au final, les Verts perdent 6 sièges et ne comptent plus que 13 députés. Les Vert’libéraux en perdent 5, avec 14 sièges. «Les préoccupations des Verts étaient absentes de la campagne, reconnaît Esther Guyer. Et pourtant, les problèmes environnementaux ne sont absolument pas réglés.»

Le parti connaît les mêmes revers qu’à Bâle-Campagne et à Lucerne, en février et mars. Une tendance qui ne manque pas d’inquiéter le président du Parti ­socialiste zurichois. «C’est une glissade à droite! Il va être dur désormais d’imposer les thèmes écolo­giques au parlement», s’alarme Daniel Frei sur les ondes de la radio alémanique. Le PBD, quant à lui, limite la casse et ne perd qu’un siège sur six.

A six mois des élections fédérales, le PLR surfe sur une tendance déjà observée à Lucerne et à Bâle-Campagne. La section zurichoise ne fête pas seulement son score au parlement. Le PLR et ses alliés bourgeois ont remporté une victoire au Conseil d’Etat en raflant le siège du Vert Martin Graf. Les cinq membres du ticket «Top 5» sont élus: les deux candidats PLR, Carmen Walker Späh et Thomas Heiniger; les deux UDC, Ernst Stocker et Markus Kägi; ainsi que la candidate PDC, Silvia Steiner. Les socialistes conservent leurs deux sièges, grâce à Mario et Jacqueline Fehr.

Les Verts, en revanche, essuient un nouvel échec. Martin Graf récolte 109 625 voix, soit près de 6000 de moins que la candidate socialiste élue en 7e position. Le ministre de la Justice est pénalisé par le recul de l’électorat vert, ainsi que par l’affaire Carlos, du nom de ce délinquant de 17 ans qui a bénéficié d’un encadrement coûtant près de 30 000 francs par mois.

Les premières estimations du canton, à midi et demi, laissaient encore planer un espoir pour le candidat vert et le PLR craignait de perdre un siège. Le suspense était à son comble jusqu’à 16h30, Carmen Walker Späh et Martin Graf étant au coude-à-coude. Finalement, la candidate PLR a obtenu légèrement plus de voix que Jacqueline Fehr. Et le conseiller d’Etat vert a été éjecté du gouvernement.

Silvia Steiner est la surprise de cette journée électorale. La candidate relativement peu connue du PDC, un parti minoritaire à Zurich, s’est placée en 5e position (derrière les ministres en exercice), confirmant le succès du ticket «Top 5» des trois partis bourgeois.

La procureure, ancienne cheffe de la police criminelle de la ville de Zurich, a récolté davantage de voix que Jacqueline Fehr (PS) et Carmen Walker Späh (PLR). «J’ai tremblé pour notre candidate PLR cet après-midi, admet Ursula Gut. C’est une femme progressiste. Peut-être n’a-t-elle pas eu le soutien des cercles les plus conservateurs?» «Tous les nouveaux candidats étaient très proches», relativise Beat Walti.

Le taux de participation s’est élevé à moins de 33%, en cette veille de jour férié zurichois.

Le premier parti du canton, l’UDC, stagne avec 54 députés élus