Lundi matin, à l’heure où les bambins vaudois (re) découvraient leurs préaux scolaires, les élus PLR amorçaient, d’une façon plus sereine, leur rentrée politique. Non moins contents que leurs petits de retrouver leurs amis et de se raconter leur été («de vraies vacances, pour changer: Pascal Broulis ne m’a appelé qu’une seule fois!», plaisantait le secrétaire général du parti Philippe Miauton), ils conviaient la presse afin de dresser le bilan de leur législature. Ceux qui s’attendaient à un lancement de campagne agressive dans le but de récupérer la majorité au Conseil d’Etat vaudois en 2017 ont été bien déçus. Dans le bastion PLR qu’est le Lavaux, sous le soleil éclatant de Chardonne, trois conseillers d’Etat se tapaient dans le dos comme de vieux frères d’armes, et annonçaient en coeur leur candidature à leur succession. Philippe Leuba, subissant encore le décalage horaire de son séjour à Rio, a mis fin au suspense relatif par un «oui, je me représente», avant d’affirmer que «la prospérité économique n’est pas tout, mais sans elle, le reste n’est pas grand chose!»

Un allié au Conseil des Etats

La fratrie politique Jacqueline de Quattro, Pascal Broulis et Philippe Leuba, forte de trois bilans satisfaisant les leurs, se lance donc dans une campagne qui semble viser un statut quo. Le parti, lui, espère renverser la majorité gouvernementale en s’alliant avec l’UDC, le centre ou les deux. Il se dit «ouvert». Un jeu de pions qui ne semble que moyennement intéresser les ministres. «Je suis candidat à ma réélection mais je ne me prononce pas sur la stratégie du parti pour regagner un siège», déclare Pascal Broulis. Travailler dans un gouvernement dominé par la gauche ne l’importune donc pas plus que cela? «Sur un taux de deux mille décisions que nous prenons dans l’année, je dirais que cinq cent d’entre elles sont sujettes à des divergences et nous savons avancer de manière collégiale. Nous saurons tout aussi bien travailler avec un centriste ou un UDC». Par contre, le conseiller d’Etat en charge des finances reconnaît une évolution majeure depuis qu’il collabore à la chambre haute avec le PLR Olivier Français, élu au conseil des Etats en automne dernier. «Il nous a soutenu sur des thèmes tels que la fiscalité, les transports ou le territoire. Je peux vous dire que ça change!»

Manque de renouvellement

Le président du parti, Frédéric Borloz, admet que la décision des trois ministres de se représenter ne laisse pas grande place à la relève mais ne pense pas pour autant éteindre la fougue des jeunes PLR. «Si nous visons la conquête de la majorité, ce n’est pas le moment d’un renouvellement», analyse-t-il. «Avec trois candidats sortants aux bilans réjouissants, nous sommes dans une situation solide. Et nous viendrons en appui d’un autre parti, avec qui nous pourrons apprendre à travailler».