Pour le PLR, le bilatéralisme reste la «voie royale». Remettre en cause la libre circulation, comme le fait l’UDC, pourrait déboucher sur une réduction de la croissance, une plus grande inégalité des salaires, une baisse de l’immigration qualifiée et l’effondrement de la série d’accords bilatéraux passés avec l’Union européenne (UE).

Alors que l’Union syndicale suisse demandera jeudi «plus de punch» du côté des mesures d’accompagnement, le PLR ne voit pas de raison spécifique d’intervenir. Il n’y a pas besoin de renforcer ou d’étendre ces mesures: il faut simplement améliorer leur application, a déclaré le président du parti Fulvio Pelli devant la presse.

«Fiction et vérité»

Les libéraux-radicaux ont surtout voulu tordre le cou aux prédictions alarmistes faites il y a un an par les opposants à la libre circulation. Les nouveaux immigrés venant de l’UE sont avant tout des employés hautement qualifiés et proches culturellement de la Suisse.

La hausse du chômage les a frappés en premier lieu. Elle est le résultat de la crise et pas de la libre circulation, a affirmé le conseiller national bernois Johann Schneider-Amman. Selon le PLR, il n’y a pas non plus eu de dumping salarial en Suisse.

Quant à la criminalité étrangère, elle n’est pas le fait de ressortissants de pays de l’UE, a ajouté le conseiller d’Etat bernois Hans-Jürg Käser. Les abus du système de sécurité sociale n’ont pas eu lieu. On assiste même à une baisse des cas relevant de l’AI parmi les Européens, selon Fulvio Pelli.

D’une manière générale, la Suisse peut affronter la crise dans de meilleures conditions que ses voisins: sa croissance est plus élevée que la moyenne de l’OCDE et de l’UE, sa dette est plus faible, son taux de chômage comparativement plus bas, a souligné la conseillère nationale vaudoise Isabelle Moret.

Et s’il reste encore des abus à combattre, le PLR a déjà avancé ses recettes: agir via les commissions tripartites (employeurs/syndicats/pouvoirs publics) ou la réduction de la durée des autorisations de travail.