Cette fois, la campagne en vue des élections fédérales est pleinement lancée en Valais. Et c’est le PLR qui a été le premier à dégainer. Il a présenté, mercredi soir lors d’une assemblée générale extraordinaire à Saxon, les candidats chargés d’atteindre l’objectif principal fixé par le parti, à savoir l’obtention d’un deuxième siège sur les huit que compte le Valais au Conseil national.

«Cela fait vingt ans que nous n’avons pas été aussi proches de ce deuxième fauteuil. Il est à portée de main», se réjouit René Constantin. Pour le président du parti, la tendance favorable pour la droite raisonnable depuis plusieurs années ainsi qu’une liste boostée par le sortant Philippe Nantermod devraient être les ingrédients de la victoire.

C’est à coups de 0,5% qu’on obtiendra ce deuxième siège

René Constantin

Mais René Constantin est conscient que chaque voix sera déterminante. «Pour obtenir un deuxième siège, nous devons faire au moins 2% de plus qu’il y a quatre ans, soit 20%», détaille-t-il. Et pour y arriver, le PLR utilise une tactique qui s’est généralisée en 2015 en Valais: la multiplication des listes, en lançant notamment quatre listes estampillées Jeunes libéraux-radicaux. «C’est à coups de 0,5% qu’on obtiendra ce deuxième siège. Au-delà de l’aspect tactique, ces jeunes vont apporter 2 à 3% des suffrages. Nous sommes donc obligés d’utiliser cette méthode», souligne René Constantin.

Une liste paritaire, mais des poids lourds masculins

Deuxième élément de la stratégie mise en place par le PLR: l’atout femme. Le parti présente une liste principale paritaire, avec le sortant Philippe Nantermod, Valériane Grichting, qui n’a jamais exercé de mandat politique, Mélanie Follonier, élue à la Constituante et au Conseil général d’Ayent, Sylvie Luginbühl, membre de l’exécutif de Martigny, Christophe Claivaz, le chef de groupe au parlement, et Stéphane Ganzer, député et président de la commune de Veyras.

Si la liste fait la part belle aux femmes, il n’en demeure pas moins que les trois poids lourds sont tous de sexe masculin. «Les trois candidats les plus connus sont des hommes, c’est vrai, mais il ne suffit pas d’être connu pour être élu», répond simplement René Constantin, citant l’exemple de Frédéric Favre, élu au Conseil d’Etat, alors que personne ou presque ne le connaissait en Valais.

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Rapprochement avec les Vert’libéraux?

La vague verte qui déferle sur la Suisse va également impacter les élections dans le Vieux-Pays et René Constantin en est conscient. Mais cette tendance ne l’effraie pas, au contraire. «Notre grande chance, c’est Avenir Ecologie», lâche le président des libéraux-radicaux. Ce mouvement de droite, sensible à la problématique du climat, existe depuis 2005 en Valais et il est apparenté au PLR. «Il est très proche des Vert’libéraux», explique René Constantin.

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Les responsables d’Avenir Ecologie sont d’ailleurs en contact depuis les débuts du mouvement avec les Vert’libéraux vaudois. «Notre objectif est de fédérer les gens qui ont le souci de l’écologie et qui sont de droite, en misant sur un développement durable raisonnable et non pas dogmatique», résume René Constantin. Ce rapprochement pourrait-il être tel que la ou les listes Avenir Ecologie prennent le nom de Vert’libéraux? «Ce n’est pas possible de le dire en l’état», répond René Constantin, avec un sourire en coin.

Nantermod pour faire tomber la citadelle PDC

Le PLR s’attaque également à la citadelle PDC au Conseil des Etats. Il y a quatre ans, son candidat Pierre-Alain Grichting était passé à 1481 voix de devenir le premier non-démocrate-chrétien valaisan à siéger à la Chambre haute. Cette année, les libéraux-radicaux lancent Philippe Nantermod dans la course à la succession du PDC Jean-René Fournier. Face à la PDC Marianne Maret, le combat s’annonce rude. Les deux candidats viennent de la même commune, Troistorrents.

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Si, aujourd’hui, la démocrate-chrétienne a une longueur d’avance, René Constantin est persuadé que le coup est parfaitement jouable. «Le match se jouera lors des débats. C’est là qu’on verra le potentiel de chacun», déclare-t-il. Reste que miser sur un candidat aussi clivant que Philippe Nantermod pourrait être rédhibitoire, en cas de face-à-face au deuxième tour, pour aller chercher des voix tant à gauche qu’à droite.