Le PLR vaudois doit choisir son allié

Elections Alors que les fronts élargis alémaniques gagnent, la droite romande se disperse

S’allier ou non avec l’UDC? Telle est la question pour le Parti libéral-radical (PLR) vaudois, qui doit se déterminer mercredi. «J’attends une réponse claire, nous ne pourrons pas partir dans les demi-teintes», avertit Fabienne Despot, présidente de l’UDC Vaud, qui compte beaucoup sur un accord.

L’inconnue de la candidature aux Etats ayant été levée in extremis par la renonciation de Pascal Broulis (LT du 21.04.2015), le parti du centre droit doit encore définir sa stratégie électorale. Entre l’UDC, qui le courtise mais exige un même engagement pour les élections fédérales, communales et cantonales à venir, et les cinq petits partis du centre, qui refusent toute compromission avec le parti «blochérien» (LT du 18.04.2015), le PLR sera le dernier à dire ce qu’il veut.

A la veille du congrès d’Yvonand, la direction du parti était encore en train de peaufiner la formule à soumettre aux délégués. Historique dans le canton de Vaud, l’alliance PLR-UDC a survécu jusqu’à présent. Elle repose sur un apparentement pour les élections à la proportionnelle (Conseil national, Grand Conseil) et une liste commune pour les élections au scrutin majoritaire (Conseil des Etats, Conseil d’Etat).

Mais de quatre ans en quatre ans, le débat interne devient toujours plus âpre au PLR. Qui défend quoi? D’un côté, les conseillers d’Etat, acquis à la collaboration avec l’UDC en raison de l’identité de vues sur la plupart des sujets cantonaux. De l’autre, les quatre conseillers nationaux, majoritairement hostiles à cause des fossés fédéraux. Encore qu’Olivier Français, qui se place lui-même à l’aile gauche du PLR et qu’on disait parmi les plus réticents, se montre conciliant depuis sa désignation comme candidat aux Etats.

La direction du PLR vaudois s’est gardée ces derniers mois d’affirmer une ligne. Son président, Frédéric Borloz, croit toujours que son parti, en pivot du centre droit, saura faire émerger «un socle commun allant du PDC à l’UDC.» Mais la formule du syndic d’Aigle paraît incantatoire. «Le PLR sera forcé de choisir son allié», prédit Fabienne Despot.

«Top 5» vaudois?

Les discussions vaudoises contrastent avec les succès que l’alliance élargie de la droite a remportés aux récentes élections cantonales de Zurich, Lucerne et Bâle-Campagne. A Zurich, le front PLR-UDC-PDC a réussi à placer ses «Top 5» au gouvernemental. Précisément ce que le centre droit vaudois rêve de faire pour récupérer en 2017 la majorité au Conseil d’Etat.

Loin des exemples alémaniques, les alliances de droite en Suisse romande répondent à une géométrie très variable, face au front uni formé généralement par la gauche.

A Fribourg, une large alliance a fait élire le PDC Jean-Pierre Siggen au Conseil d’Etat, lors de la complémentaire de 2013. Cela laisse envisager un apparentement pour les élections cantonales de 2016. En revanche, il n’est pas sûr qu’un accord pour le Conseil national cet automne soit conclu.

Dans le Jura, le parti a aussi des racines agrariennes mais son électorat est faible et la députation au Conseil national ne compte que deux élus. L’élection de Dominique Baettig (2007) passe pour un accident de l’histoire.

Sur Berne, comme pour Vaud, l’apparentement PLR-UDC est une longue tradition. Mais la scission du PBD (4 élus à Berne) a bouleversé le jeu des alliances. Le PBD assurera-t-il sa relève lorsque les transfuges d’origine se retireront?

A Genève, l’UDC est en concurrence avec le MCG. Le parti s’étant résigné à sa place de second, une relation apaisée s’est installée entre eux dans le canton et au Conseil national. Tout apparentement est exclu avec le PLR qui, sauf exceptions locales, reste fidèle à l’Entente avec le PDC.

Le Valais et Neuchâtel sont les cantons où l’UDC connaît la plus grande solitude. L’UDC valaisanne peut compter sur un ministre à Sion et un conseiller national (le même Oskar Freysinger), mais son électorat passe pour être mal consolidé et les autres partis rêvent toujours de la voir s’effondrer. A Neuchâtel, Yvan Perrin avait gagné seul un fauteuil au Château qu’il n’a pas su garder. Avec le leadership limité qu’on lui attribue, Raymond Clottu mènera la campagne fédérale. En solitaire.