Le PLR vaudois n’aborde par les élections fédérales avec beaucoup de détermination. Après avoir désigné tardivement son candidat au Conseil des Etats, il reporte à plus tard les décisions sur sa politique d’alliance. Face à des délégués divisés sur l’alliance avec l’UDC, la direction du parti a demandé du temps pour tenter le rassemblement de tout le centre droit, lors d’un congrès tenu mercredi soir à Yvonand.

« Nous avons encore un peu de travail à faire », a plaidé le président du parti Frédéric Borloz, suivi au final par une large majorité des quelque 320 délégués. Et n’oublions pas que notre adversaire c’est la gauche». «Si le PLR, parti pivot, ne tente pas cette large alliance, personne ne le fera», a-t-il encore souligné.

L’objectif d’une alliance allant du PDC à l’UDC en passant par les Vert’libéraux est, au-delà des élections fédérales, de reconquérir la majorité du gouvernement vaudois, en 2017. Mais le «parti pivot» apparait pourtant comme une formation qui n’arrive pas à se décider, alors que ce sont jusqu’ici ses alliés potentiels qui donnent le ton. L’UDC (20% de l’électorat) veut un apparentement avec le PLR (26%), qui exclue les centristes. Les cinq petites formations se revendiquant du centre (13% au total) offrent leur appui au PLR, mais sans apparentement et sans UDC.

«Si on finasse trop, nous aurons des problèmes», a souligné une militante, pour laquelle «l’UDC est notre allié naturel, qui vote la plupart du temps comme nous au Grand Conseil». «Après le 9 février, il n’y a pas de socle commun entre eux et nous», a rétorqué un jeune délégué.

UDC décue

« C’est décevant, nous attendions une décision, a réagi Fabienne Despot, la présidente de l’UDC vaudoise. S’ils ne veulent pas s’allier, qu’ils le disent ! Nous n’avons pas peur de partir seuls au combat, mais ce n’est pas la meilleure solution pour le canton », ajoute-t-elle en référence aux succès remportés récemment à Zurich ou Lucerne par une droite unie.

Olivier Français acclamé

Le congrès a confirmé par acclamation le conseiller municipal lausannois Olivier Français comme candidat au Conseil des Etats. Celui-ci a pour mission de récupérer l’un des sièges de la chambre des cantons, monopolisés par la gauche depuis huit ans, avec la socialiste Géraldine Savary et le Vert Luc Recordon, ce dernier étant particulièrement visé.

Olivier Français est apparu aux délégués comme un candidat motivé et crédible, bien que la procédure de désignation choisie par le parti – les conseillers d’Etat, à commencer par Pascal Broulis, qui pouvaient se lancer en priorité ont mis beaucoup de temps à décider qu’ils n’en feraient rien – l’a fait apparaitre comme un candidat par défaut. Pour le consoler de cette avanie, Pascal Broulis lui a réservé une présentation flatteuse et les délégués lui ont réservé une standing ovation.

54 candidats pour un 5ème siège

Le PLR vaudois vise un cinquième siège au Conseil national, où ses quatre sortants se représentent. Le champion de judo Sergei Aschwanden, directeur du centre sportif de Villars, figure sur la liste des candidats, tout comme le président Frédéric Borloz, syndic d’Aigle, et Laurent Wehrli, syndic de Montreux. Contrastant avec le manque d’ouverture réelle du scrutin, deux autres listes sont lancées, la liste «Innovation» et la liste «Jeunes», soit un total de 54 candidats. Les juniors feront campagne en prônant le moins d’Etat, le chèque scolaire et l’accès facilité au permis de conduire.