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Le PLR veut être plus combatif et annonce des référendums

Le parti doit se montrer plus «combatif» et réapprendre à défendre ses convictions, a martelé sa présidente Petra Gössi samedi dans le canton de Schwytz lors de l’assemblée des délégués

«Cette nouvelle législature représentera pour nous un grand défi», a lancé Petra Gössi devant les quelque 3300 délégués réunis à Schindellegi (SZ). «Nous avons déjà pu en faire l'expérience en décembre: le PS et les Verts se sont lancés dans une course à qui pratiquera la forme la plus dure du socialisme», a-t-elle mis en garde.

Selon elle, le PLR a perdu des sièges lors des élections fédérales d'octobre, car il n'a pas réussi à faire entendre ses propres thèmes lors d'une campagne dominée par le climat. Elle a appelé à la mobilisation pendant la législature des membres du parti, qui doivent se considérer comme «des combattants des valeurs libérales». Si les référendums et les enquêtes d'opinion auprès des membres étaient une exception au cours des dernières décennies, ils doivent devenir la règle, a-t-elle ajouté.

«Année du libéralisme militant»

«2020 doit devenir l'année du libéralisme militant», a asséné Petra Gössi. Son appel a été soutenu par la conseillère fédérale Karin Keller-Sutter, présente à la réunion. Les Jeunes PLR avaient anticipé le message de leur présidente avec leur initiative «pour une prévoyance vieillesse sûre et pérenne». Le texte demande d'élever à 66 ans l'âge de la retraite pour les femmes et les hommes et, à terme, de lier l'âge de la retraite à l'espérance de vie.

Il s'agit d'une «réforme sans fioritures», nécessaire pour assurer le financement de l'AVS, malgré une hausse de l'espérance de vie, ont expliqué devant les délégués des représentants des Jeunes PLR. «Si nous vivons plus longtemps, nous devons travailler plus longtemps». Le texte a reçu un soutien unanime des délégués.

Ces derniers se sont également penchés sur les deux objets des prochaines votations fédérales, le 9 février prochain. Par 208 voix contre 54, ils recommandent de voter «oui» à l'extension de la norme antiraciste du code pénal qui vise à protéger également contre la discrimination fondée sur l'orientation sexuelle.

Non à l'ASLOCA et à l'UDC

Une nette majorité des délégués a suivi le ministre de la justice Karin Keller-Sutter, qui a souligné qu'il ne devait y avoir aucune protection contre la haine et le dénigrement. Ils ont, en revanche, balayé par 308 voix contre une l'initiative de l'Association suisse des locataires (ASLOCA) pour «davantage de logements abordables».

Le texte prévoit l'introduction d'un quota de 10% pour la construction de logements d'utilité publique, l'introduction d'un droit de préemption pour la Confédération et les cantons et la limitation des hausses de loyer en cas de rénovation énergétique. Pour plusieurs délégués, il intervient trop fortement sur le marché.

Et le quota devrait être maintenu même avec un important parc d'appartements vides, s'est inquiété le conseiller national Olivier Feller (PLR/VD). Selon lui, le problème actuel est une pénurie de logements dans les zones urbaines. Un quota au niveau fédéral n'est pas nécessaire, a-t-il ajouté, précisant qu'il faut des solutions locales.

Les délégués ont également rejeté à l'unanimité l'initiative de l'UDC visant à résilier l'accord sur la libre circulation des personnes entre la Suisse et l'Union européenne, soumise au peuple le 17 mai. Avec son texte, «l'UDC attaque frontalement l'économie suisse», a averti Petra Gössi.

«La libre circulation des personnes nous donne accès à des spécialistes qualifiés, dont nous avons vraiment besoin», a-t-elle rappelé, soulignant que la prospérité en Suisse «n'est pas un cadeau du ciel».

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