La compagnie aérienne Swiss fait l'objet de vives critiques au Tessin après l'annonce lundi après-midi de la suppression de tous les vols reliant Lugano à Zurich. Ces derniers étaient opérés jusqu'à la semaine dernière par son partenaire slovène Adria Airways, qui après sept jours de mise à pied s'est finalement déclaré en faillite.

«C'est une gifle pour Lugano et pour le Tessin», s'est exclamé dans les colonnes du Corriere del Ticino le maire de ville et accessoirement président du conseil d'administration de la société d'exploitation Lugano Airport, qui dit avoir appris dans les médias la suppression de la dernière liaison commerciale au départ de l'aéroport tessinois.

«Même pas un téléphone ou un courriel», s'émeut l'élu léguiste, qui s'engage à ne plus jamais monter dans un appareil de la compagnie à croix blanche.

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La faillite comme excuse

Le directeur de Lugano Airport, Maurizio Merlo, est pour sa part convaincu que Swiss préparait son retrait depuis quelque temps et que la faillite d'Adria lui permet à présent de s'en tirer à bon compte. Il reproche à la filiale Lufthansa d'avoir sapé toute concurrence, notamment celle de la compagnie locale Darwin Airline – qui a elle-même dû cesser ses opérations en décembre 2017.

«Je ne peux pas imaginer que Swiss n'ait pas été au courant, depuis au moins 11 mois, des difficultés d'Adria et qu'à l'intérieur d'un groupe gigantesque comme Star Alliance (chapeauté par la maison-mère Lufthansa) on n'ait pas trouvé une solution pour maintenir la liaison», poursuit l'ancien CEO de Darwin.

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Dans un communiqué, Swiss a indiqué lundi devoir «annuler tous les vols de et vers Lugano». Les quelque 10 000 passagers affectés par le grounding sont priés de prendre le train pour relier les deux villes ou d'opter pour l'aéroport de Milan.

L'option du rail

La compagnie aérienne dit porter son attention sur une liaison équivalente en train, analogue à la navette entre la gare de Bâle CFF et l'aéroport de Zurich. Dans l'optique de l'ouverture du tunnel du Ceneri l'année prochaine, Swiss entretient «depuis un certain temps» des contacts étroits avec les CFF, qui seront intensifiés afin d'assurer le plus rapidement possible «une liaison fiable et confortable pour entre Lugano et Zurich».

Il y a quelques semaines à peine, le patron de l'ex-compagnie nationale, Thomas Klühr, indiquait que si une alternative ferroviaire rapide devait se présenter, Swiss examinerait la question «en temps voulu».

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