A Genève, le Parti du Travail (PdT) a récolté plus de 18 000 signatures – un record – à son initiative constitutionnelle cantonale «Pour le remboursement des soins dentaires». Le texte demande à l’État de créer une assurance obligatoire ad hoc financée par des cotisations sociales.

L’initiative sera déposée en début de semaine prochaine, quelques jours avant l’échéance du délai. «Nous recevons actuellement 1000 signatures par jour. Il est tout à fait possible que l’on atteigne les 19 000», a indiqué jeudi devant les médias Alexander Eniline, président du PdT. Il faudra que 10 033 de ces paraphes soient valables pour que l’initiative aboutisse.

Le PdT a lancé seul cette initiative. Il constate qu’elle a été extrêmement bien reçue. «C’est probablement une des plus faciles à faire signer, car elle n’a pas besoin d’explications. Pour les ménages, les soins dentaires représentent une charge importante», relève son président. Selon son camarade René Ecuyer, les gens ne se font plus soigner les dents pour des raisons financières. «Dans certains pays, les dents font partie de l’assurance maladie», précise Alexander Eniline, qui juge les arguments des opposants peu crédibles. Selon lui, les arguties sur la responsabilité individuelle ne tiennent pas. «Pourquoi a-t-on une assurance maladie?», lance-t-il.

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Probable contreprojet à l’initiative

Le texte demande que l’Etat mette en place une assurance obligatoire pour les soins dentaires de base et un dispositif de prévention en matière de santé bucco-dentaire. Le financement de cette assurance pour tous serait garanti pour les personnes qui cotisent à l’AVS, selon un système paritaire. Les initiants fixent le taux à 0,1% pour les employeurs et 0,1% pour les salariés.

Notre texte va faire avancer la question dans le canton

«Les assurances sociales qui sont financées par cotisations paritaires, comme l’AVS et l’assurance maternité, sont les moins chères et les plus efficaces», souligne Alexander Eniline. Les personnes qui ne cotisent pas à l’AVS seraient assurées par la politique sanitaire cantonale.

Pour le PdT, il est probable que le Grand Conseil élabore un contreprojet à son initiative. «Notre texte va faire avancer la question dans le canton», note René Ecuyer. Il s’ajoute au projet de loi sur le remboursement des soins dentaires déposé par Ensemble à Gauche. Au-delà, le PdT estime que cette assurance dentaire est un premier pas vers une vraie assurance sociale en matière de santé.

Des initiatives cantonales analogues ont abouti dans les cantons de Vaud en 2014 et de Neuchâtel en 2015. D’autres ont été lancées dans les cantons du Valais et du Tessin. Alexander Eniline ne pense pas que ce mouvement va s’arrêter, car il répond à une nécessité.

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