Environnement

La «plus grande grève du mouvement» se prépare

La rencontre européenne des militants pour le climat s’est terminée par l’adoption d’une «Déclaration de Lausanne» succincte

Deux mille cinq cents personnes ont manifesté dans les rues de Lausanne vendredi, dernier jour de la rencontre européenne des grévistes pour le climat. Un moment charnière pour eux, car pour la première fois plus de 400 militants venus de 38 pays étaient réunis dans un même lieu. Accueillis par l’Université de Lausanne, ils ont pu écouter la dizaine de personnalités invitées, s’informer, partager leurs idées, débattre et s’organiser pendant cinq jours.

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Un document officiel a été adopté, la «Déclaration de Lausanne», qui met l’accent sur trois points jugés essentiels par l’ensemble des grévistes. Paul Castelain, membre du comité d’organisation, détaille le processus: «Les idées dégagées tout au long de la semaine ont été présentées et votées jeudi. Nous voulions un consensus absolu, soit 100% de votes positifs, pour qu’un point figure dans la déclaration. Ceux ayant obtenu 99% ou moins ont été inscrits dans ce que nous appelons une boîte à idées.»

Mais qu’une proposition soit acceptée à l’unanimité n’est pas aisé. C’est pourquoi la Déclaration de Lausanne n’est guère épaisse. Les trois points recueillant l’unanimité sont le maintien de la hausse de la température mondiale en dessous de 1,5°C (une recommandation présente dans le rapport du GIEC d’octobre 2018, ndlr), la mise en place d’une justice climatique (utilisation des voies judiciaires pour la sauvegarde du climat) et l’appui constant sur des études ou rapports scientifiques fiables.

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«Notre force, la diversité»

Après avoir participé à soixante ateliers et quatre sessions plénières, les grévistes pour le climat ont annoncé leurs conclusions lors d’une conférence de presse. «Notre cause commune est la crise climatique, mais la diversité est notre force», souligne une des organisatrices. «Nous dénonçons l’inaction des personnes qui dirigent ce monde, ajoute un de ses collègues. Malgré nos différences d’âge, d’opinions, de langues, de cultures ou de genre, nous avons réussi à nous mettre d’accord sur une ligne de conduite, des valeurs et des principes.» Parmi ceux-ci: la non-violence sous toutes ses formes et la transparence dans les communications sur le mouvement.

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«Ils ont davantage lu nos rapports que les décideurs politiques», constate le climatologue belge Jean-Pascal van Ypersele, ancien vice-président du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). «Ces jeunes soutiennent nos recherches et nos conclusions, il est normal que nous les soutenions en retour, assure-t-il en pointant sa cravate blanche estampillée «1,5°C». Ils ont conscience de l’urgence, ont créé un mouvement intelligent et font preuve de créativité.»

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Les autres demandes formulées, telles que la réduction de la consommation énergétique, l’encouragement de l’économie circulaire ou la légitimation du droit d’asile pour les réfugiés climatiques, figurent quant à elles dans la fameuse boîte à idées. «Ces pistes peuvent être utilisées par les grévistes dans leurs prochaines actions, qu’elles soient nationales ou régionales», précise Kelmy Martinez, membre du comité d’organisation.

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Et maintenant?

Une série d’actions sera menée dans le monde entier du 20 au 27 septembre. Une période qui coïncide avec le sommet de l’ONU sur le climat, à New York, prévu le 23. Les militants espèrent ainsi se faire entendre et organiser à ce moment-là «la plus grande grève de l’histoire du mouvement». Egalement membre de la section suisse de «Fridays for future», Kelmy Martinez ajoute: «Ici, des assemblées citoyennes, des conférences et la poursuite des marches les vendredis sont prévues. L’ensemble des grévistes se retrouveront le samedi 28 septembre, à Berne, devant le Palais fédéral.» Une prochaine rencontre européenne est-elle envisagée? «Oui, mais on ignore encore quand.»

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