Le Temps: Si vous reprenez la Culture, que changerez-vous?

Manuel Tornare: Il faudrait relancer la Conférence culturelle (ndlr: organe de collaboration intercommunale), qui est en panne. Une politique culturelle d'agglomération passe par un accord des communes sur les projets, et pas seulement sur la répartition des frais. Si la Ville finance 90% de la culture dans le canton, elle se doit de jouer un rôle apaisant et constructif.

- Comment voyez-vous l'avenir du théâtre de la Comédie?

- J'ai toujours dit que Genève ne devait pas se contenter d'une salle de 500 places. Si c'est pour des questions financières que l'on est si timoré, il faudra faire des choix. Je ne suis pas sûr qu'il faille construire un nouveau bâtiment aux Eaux-Vives. Je serais plus favorable à une rénovation de l'actuel théâtre situé au boulevard des Philosophes, en contournant le problème de sa scène tronquée, que l'on pourrait inverser.

- Etes-vous favorable à sa fusion avec le théâtre de Carouge?

- Non. Chaque institution a son identité. Je ne vois pas au nom de quoi les fusionner. Pour le moment, cela reste un effet d'annonce.

- Que pensez-vous du transfert des charges culturelles du canton à la Ville?

- Le rôle de l'Etat est inscrit dans la Constitution fédérale. Il est chargé de la formation et de l'accès démocratique à la culture par l'enseignement. Le canton devrait renforcer son action dans ce domaine. Par ailleurs, j'estime que les communes et l'Etat devraient prendre une part plus importante dans le financement de l'Orchestre de la Suisse romande, devenu trop genevois.