«Il était 22h30. Je venais de manger une fondue au Comptoir avec des amis. J’étais dans la rue en train d’écrire un SMS pour les remercier de la soirée. Et c’est là que c’est arrivé.» Olivier*, 36 ans, infirmier en formation au CHUV, s’est fait agresser au couteau il y a quelques semaines à Lausanne. «Quelqu’un a voulu me voler mon téléphone portable à l’arraché», témoigne-t-il. «Mais je le tenais fort et il n’a pas réussi à me le prendre. Le type, un jeune Maghrébin, est revenu; il m’a plaqué contre un mur, m’a dit: «Ah, tu ne veux pas me donner ton téléphone?», a sorti son couteau à lame amovible et l’a directement planté, de haut en bas, dans mon épaule. Tout s’est passé en quelques secondes.»

«J’ai senti le sang couler»

Sous le choc, Olivier a eu comme premier réflexe de lancer à son agresseur, qui prenait la poudre d’escampette: «Tu m’as poignardé pour un iPhone?» Puis, il se dirige vers des Securitas du métro, qui appellent les urgences. «La plaie faisait trois centimètres de profondeur. L’infirmier qui me soignait, que je connaissais, a fait une photo pour me la montrer. J’ai maintenant une cicatrice de quatre centimètres de large.»

Sur le moment, Olivier n’a pas eu mal, «à cause de l’adrénaline». «Mais j’ai senti le sang couler dans mon dos. Une veine a été touchée. J’ai par contre rapidement pu me rassurer en bougeant l’épaule et constater qu’aucun ligament ou tendon n’avait été touché. Les poumons, non plus.» Le lendemain, Olivier dépose plainte à la police. «Je suis resté plusieurs heures au poste de police. On m’a montré plein de photos de suspects. J’ai suggéré deux personnes qui ressemblaient à mon agresseur.» Pendant une semaine, l’infirmier s’est repassé en boucle le film de l’agression, qui s’est déroulée dans une rue déserte. «J’y pensais 24 heures sur 24. Je n’arrêtais pas de me demander ce qui se serait passé si j’avais réagi autrement. Et j’avoue que quand je sors de l’hôpital le soir, je fais maintenant plus attention aux gens qui se trouvent près de moi.»

C’est la gratuité de la violence dont il a été l’objet qui l’a le plus frappé. «L’homme ne semblait pas alcoolisé. Il a réagi froidement et n’a pas hésité à planter directement sa lame dans mon épaule. S’il m’avait menacé avec le couteau, je lui aurais donné ce qu’il voulait. Là, il aurait pu me tuer

* Prénom fictif