La délégation des commissions de gestion du parlement veut en savoir plus sur la destruction de documents liés à un trafic nucléaire. Elle procédera à de nouvelles auditions. Les Verts et les socialistes demandent quant à eux une commission d'enquête parlementaire (CEP).

La délégation, qui «accorde la plus grande importance à cette enquête et la traitera en toute priorité», publiera un rapport d'ici à l'automne, a-t-elle indiqué mardi. Depuis qu'elle a été informée le 8 février de la décision du Conseil fédéral de détruire les documents en question, elle s'est déjà penchée à cinq reprises sur ce dossier.

Thèse de la CIA «plausible»

La délégation a en outre communiqué au Conseil fédéral, par écrit, sa désapprobation à l'égard de la destruction totale de ces documents.Vendredi, Pascal Couchepin a justifié la décision du Conseil fédéral par le caractère ultrasensible du matériel saisi dans le cadre de cette affaire (LT du 27.5).

Les Verts ne se satisfont pas du tout de ces explications et ils exigent une CEP, nécessaire pour faire toute la lumière, ont-ils fait savoir mardi à l'issue de la séance de leur groupe parlementaire.

De son côté, le PS veut savoir dans quelle mesure les Etats-Unis et la CIA ont fait pression sur la Suisse pour qu'elle détruise des pièces sensibles.

Sans se prononcer sur le fond, l'ancien responsable de la CIA, Charles Kogan, interrogé par la RSR, a estimé cette thèse plausible. «La CIA est censée juridiquement protéger ses sources et ses méthodes», et lutter contre la prolifération nucléaire. Elle aurait donc eu tout intérêt à la suppression de ces documents, a-t-il indiqué.