Culture

Le pôle muséal de Lausanne s’appellera «plateforme10»

Alors que le chantier commence, le futur quartier des arts reçoit un nom officiel, un logo et une signalétique. Explications de l'un des concepteurs

«Plateforme10» est le nom que portera désormais le regroupement de musées dont la construction vient de commencer sur l’ancienne halle des locomotives de la gare de Lausanne. Les responsables du projet ont retenu la proposition des graphiste Régis Tosetti et Simon Palmieri. Elle comprend, avec le nom, un logo et une signalétique pour le futur site.

L’expression «pôle muséal», bien qu’elle soit en train d’entrer dans le langage courant, n’était qu’un titre de travail. Dans le nouveau nom, le terme de plateforme évoque tout à la fois la proximité du chemin de fer et le rendez-vous artistique pluridisciplinaire qui est promis à cet emplacement.

Le 10 fait allusion à une sorte de quai supplémentaire sur le flanc de la gare, qui en compte neuf. Le zéro, barré du mot plateforme, rappelle la plaque tournante qui distribuait les locomotives.

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De couleur bleue, la ligne graphique servira à orienter les visiteurs parmi les diverses unités du site. Au Musée cantonal des beaux-arts, dont la construction commence et dont l’ouverture est programmée pour l'automne 2019, viendront s’ajouter deux ans plus tard le Musée de l’Elysée (photographie) et le musée du design (mudac).

Sans attendre d’être réunis en un même lieu, les trois musées ont annoncé un «projet pionnier» et commun de numérisation de leurs collections, permettant une présentation interactive. Ils bénéficient pour cela d’un soutien de 900 000 francs de la part d’Engagement Migros.


«Notre logo sera visible du ciel, de jour et de nuit»

Diplômé de l’Ecal en 2005, lauréat de la bourse Leenaards 2008, le graphiste vaudois Régis Tosetti, 34 ans, a déjà un parcours international. A Londres, il a notamment travaillé sur le nouvelle image de Toyota. Avec son associé Simon Palmieri, diplômé de la haute école de design de Bâle, il est l’auteur de la nouvelle identité visuelle des trois musées lausannois bientôt réunis sur le site de l’ancienne halle aux locomotives.

– A quel élément attribuez-vous le succès de votre proposition, «plateforme10 »?
– Au fait que nous jouions avec Google Earth. La plaque tournante des locomotives, qui sera conservée, forme clairement un zéro vu du ciel. Nous y ajouterons un marquage visible au sol pour le un. L’ensemble formera sur le site même un logo géant. Illuminé, il sera visible de haut de jour comme de nuit.

– Plateforme10, en quoi est-ce meilleur que pôle muséal , auquel on s’était habitué ?
– C’est une expression unique, alors que des pôles de tous genres existent un peu partout. Ce nouveau nom doit être pris comme une déclaration. Nous venons avec une vision nouvelle, nous osons quelque chose. Je pense que l’usage suivra, clairement. Notre ligne graphique ne sera pas que de la décoration à court terme, elle a une vocation à être pérenne,

– Une marque est-elle si importante pour le succès d’une institution culturelle ?
– Elle est indispensable à mon avis, car elle véhicule une image. Avoir un nom permet d’exister. Cela favorise aussi le regroupement sous une identité commune des multiples acteurs de la place. On dira «plateforme10 design» ou «plateforme10 beaux-arts», etc. Pôle muséal est un simple descriptif. Nous venons avec un nom qui raconte une histoire, c’est notre métier au fond.

– Ne surévalue-t-on pas l’intérêt d’être situé à côté de la gare ? L’accessibilité par les transports publics n’est pas déterminante pour les musées à succès comme Gianadda ou Beyeler...

– Il y a un grand potentiel de public avec le train, c’est évident. Les passagers vont-ils s’arrêter ? Il faudra bien sûr les convaincre par la programmation. Mais, encore une fois, c’est le caractère unique de ce lieu que nous avons retenu.


www.plateforme10.ch

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