L'ex-ministre examinera la rémunération des policiers

Genève ne peut plus se passer de Mario Annoni. Après avoir enquêté, l'an dernier, sur les conflits qui minaient la direction des Transports publics genevois, l'ancien conseiller d'Etat bernois, actuel président de Pro Helvetia, a été chargé par le gouvernement genevois de démêler l'écheveau du système de rémunération des policiers. «Il rendra son rapport dans les premières semaines de 2009», a annoncé hier Laurent Moutinot, président du Conseil d'Etat et ministre de tutelle de la police. Le document devra déboucher, d'iciquelques mois, sur une refonte du régime actuel.

Une réforme exigée par la commission des finances du Grand Conseil, qui a dénoncé il y a quinze jours l'opacité du système de rémunération des forces de l'ordre. En cause, les heures supplémentaires générées par l'Euro 2008. Alors que la police genevoise en comptabilise 138000, elles plafonnent à 56000 à Berne et à 37000 à Bâle, autres villes hôtes. Au final, la commission a accepté le paiement des heures supplémentaires, mais a refusé celui d'une prime exceptionnelle de 2500 francs par policier, dont le Conseil d'Etat avait accepté le principe.

Il n'en fallait pas plus pour provoquer l'ire de la police qui, depuis, se livre à une grève des amendes et des heures supplémentaires. Une action que ne goûtent guère les autres ministres. Ils ont demandé à Laurent Moutinot de «faire en sorte que la police arrête sa démonstration», a-t-il fait savoir. Concernant d'éventuelles sanctions à l'encontre des policiers, le Conseil d'Etat «approuve le fait qu'il ne faut pas prendre de mesures négatives à leur égard tant qu'ils ne reçoivent rien de positif», a affirmé le magistrat, soulignant ainsi que collège n'a pas renoncé à octroyer une récompense exceptionnelle aux forces de l'ordre pour leur travail durant l'Euro.