«Le ton est différent, nous avons l'impression d'avoir été écoutés.» Président de l'Association professionnelle des gendarmes vaudois (APGV), Billy Warpelin n'est pas mécontent du nouveau round de négociations qui a eu lieu hier entre les syndicats policiers et la délégation du Conseil d'Etat aux ressources humaines (DCERH). Rien à voir avec la séance du 17 septembre qui a provoqué la colère des policiers vaudois et l'entame d'une grève des amendes.

Sur le fond, le conflit a deux volets. Le premier concerne l'Euro 08 et les 17000 heures supplémentaires effectuées par les policiers durant la manifestation. Le gouvernement refuse toujours de payer les heures supplémentaires en les majorant de 33% pour éviter un effet fiscal pervers, mais offre aux policiers le choix de reprendre ces heures en congé ou de se les faire payer au tarif horaire.

L'Etat prend acte

«Sans la majoration, la plupart de nos collègues vont demander à reprendre leurs heures et cela va poser problème et péjorer encore plus le travail sur le terrain», estime Stéphane Schneider, président du Syndicat de la sûreté vaudoise (SSV). Les 17000 heures s'ajoutent aux 43000 qui sont déjà en souffrance. Quant à la prime proposée pour la période de l'Euro, le Conseil d'Etat a fait une nouvelle proposition. Au lieu des 700 francs offerts aux personnes qui ont travaillé «de manière significative» à l'événement, le gouvernement propose désormais 500 francs à tous les collaborateurs -900 environ. Les syndicats présenteront ces propositions à leurs membres dès lundi et ont annoncé continuer la grève des amendes pour l'instant. En revanche, les affichettes hostiles au gouvernement qui décorent les voitures de police seront retirées.

Enfin, concernant le volet salarial, jugé prioritaire par les syndicats policiers, de nouvelles séances «d'informations techniques» sont agendées entre les deux parties, à la satisfaction de l'APGV et du SSV. De son côté, le président du Conseil d'Etat, Pascal Broulis, estime que les négociations vont désormais «dans le bon sens» et «prend acte» de la poursuite de la grève des amendes.