Les policiers vaudois et lausannois continueront de porter des mini-caméras, dites caméras-piétons ou bodycams. Lancée en 2019, l'expérience-pilote s'est avérée convaincante et sera prolongée en attendant une pérennisation.

Le rapport d'évaluation divulgué mardi par l'Université de Lausanne relève que la bodycam contribue à la «désescalade» de la violence et à l'apaisement de l'agressivité physique ou verbale. «Dès qu'un policier annonce qu'il va enclencher la caméra, le ton baisse et les gens se comportent mieux», indique Pierre-Antoine Hildbrand, conseiller municipal lausannois en charge de la sécurité, contacté par Keystone-ATS. Sachant qu'une intervention filmée va laisser une trace, le policier est lui-même incité à garder son calme, ajoute-t-il.

Face aux vidéastes amateurs, la bodycam permet également aux policiers de montrer leur vision d'une situation. «Cela permet de rééquilibrer les points de vue», poursuit M. Hildbrand. Même sans enregistrement, la caméra contribue par ailleurs à la gestion et à la dispersion d'une foule curieuse ou agressive.

Au cours de cette phase test, 16 policiers et 4 suppléants ont participé à l'expérience. Ils ont procédé à 115 enregistrements volontaires, dont la majorité sur la voie publique (89). Les cas filmés les plus fréquents ont concerné des personnes en état mental perturbé (26), des litiges ou violences domestiques (19), des bagarres ou rixes (18), des supporters agressifs (15) et des contrôles d'identité ou de circulation (12).

Bonne acceptation

A noter que les policiers porteurs de bodycams doivent porter un sigle «Vidéo» et faire une annonce orale lorsqu'ils enclenchent leur caméra. Par ailleurs, seules les autorités judiciaires, en premier lieu le Ministère public, peuvent demander l'accès aux séquences vidéos.

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Le rapport de l'Université de Lausanne souligne que l'acceptation de cette nouvelle technologie a été «bonne» par les policiers. Ceux-ci préconisent toutefois des directives claires qui stipulent «qu'un usage des images à des fins de surveillance quotidienne par la hiérarchie n'est pas permis.»

A l'origine de ce projet en terre vaudoise, il y a plus de cinq ans, M. Hildbrand remarque que les esprits ont beaucoup évolué. D'abord controversée au sein des policiers, l'utilisation des bodycams est aujourd'hui reconnue pour ses différents atouts, affirme le chef de la police lausannoise.

Base légale à définir

Au vu de ces résultats jugés «intéressants», le Conseil cantonal de sécurité (CCS) a décidé de poursuivre l'expérience-pilote. A terme, le CCS dit vouloir étendre l'utilisation de ces caméras à l'ensemble des corps de police vaudois. La base légale nécessaire sera proposée dans les prochains mois au Grand conseil.

Ailleurs en Suisse, la police municipale de Zurich et la police des transports des CFF ont aussi déjà testé de tels dispositifs, mais sans aller plus loin pour le moment.