Campagne

Les policiers dénoncent les violences dont ils sont victimes

Le Syndicat des fonctionnaires de police lance une campagne nationale de sensibilisation

Mordus, griffés, frappés: au cours de leur travail, les policiers se disent de plus en souvent victimes de violences. De la part de bandes de jeunes qui leur cherchent des noises, les provoquent ou venant par exemple de personnes alcoolisées ou de hooligans. Pour réagir, la Fédération suisse des fonctionnaires de police (FSFP) lance aujourd’hui une campagne nationale de sensibilisation.

«Même si nous portons un uniforme pendant notre travail quotidien, nous n’en sommes pas moins, avant tout, des êtres humains, qui avons des familles et des enfants, ainsi que des soucis et des craintes», a lancé mercredi devant les médias, Jean-Marc Widmer, vice-président de la fédération. Il a rappelé le drame survenu la semaine dernière: un policier a été grièvement blessé à Trélex, près de Nyon, lors d’un contrôle de circulation. Le chauffeur a «accéléré à fond et a foncé volontairement» sur le policier, qui s’en tire avec deux jambes cassées. Jean-Marc Widmer ne pèse pas ses mots: «Pour moi, il s’agit d’une tentative de meurtre.»

Il y a deux ans déjà, en novembre 2009, le syndicat avait tiré la sonnette d’alarme en lançant une pétition «Stop à la violence contre la police». Le texte, transmis au Conseil fédéral, réclamait notamment des peines plus sévères contre ceux qui s’en prennent aux représentants de l’Etat.

De nombreuses agressions plus tard, la FSFP, qui regroupe 23 000 membres soit 95% des policiers employés dans le service public, revient sur le devant de la scène en exigeant «des faits et non plus des discussions». Des policiers arborent des pin’s sur leur veste avec le logo «Stop à la violence contre la police!». L’European Confederation of Police (EuroCOP) en a un similaire, utilisé dans l’ensemble de l’Europe, avec un ruban noir et bleu.

Selon les statistiques criminelles de la police, plus de 2000 cas de «violence et menace contre les autorités et les fonctionnaires» ont été enregistrées en 2008, 2009 et 2010, avec un point culminant à 2350 en 2009. Rien qu’au niveau vaudois les violences contre les policiers ont augmenté de 600% entre 2000 et 2009, chiffres qui inquiètent la conseillère d’Etat Jacqueline de Quattro, interrogée sur ce phénomène par 24 heures.

La FSFP avait récemment réagi contre les conditions de travail des policiers lors des expulsions forcées de requérants d’asile. Dans une lettre de trois pages que Le Temps s’était procurée, adressée notamment à la ministre Simonetta Sommaruga, elle déplorait les problèmes de sécurité que les policiers peuvent rencontrer lors de ces vols spéciaux controversés. Le syndicat rappelait être déjà intervenu, par missive, à propos du vol spécial du 17 novembre 2009 vers le Nigeria, «lequel avait abouti à un fiasco sur le plan de l’organisation et de la sécurité». «Seul le hasard a voulu que personne n’y soit sérieusement blessé», révèle la lettre, en parlant de policiers «qui ont dû mettre en jeu leur intégrité physique dans le cadre des instructions reçues». «Il est intolérable d’exploiter la volonté inépuisable de nos membres d’intervenir pour la sécurité de notre pays et le maintien de l’ordre – ainsi que de mettre en danger les personnes et les biens – simplement parce que l’on n’ose pas prendre les décisions qui s’imposent», poursuivait la lettre.

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