Les policiers genevois iront grossir les rangs du défilé organisé le 4 mai par le cartel intersyndical de la fonction publique pour protester contre la perspective d'un gel des salaires. Les gendarmes manifesteront en civil, précise Jean-Marc Widmer, président de l'Union du personnel du corps de police (UPCP), et seules les interventions d'urgence et les réquisitions seront assurées ce jour-là. «C'est un geste de solidarité», ajoute-t-il. La préoccupation des forces de l'ordre reste la modification de la loi sur la police, dont débattra prochainement le Grand Conseil. Projet qui prévoit paradoxalement la création de 250 postes, certes de manière échelonnée et encore utopique au regard des problèmes de recrutement, à l'heure où les difficultés financières de l'Etat ne sont plus à démontrer. «Pour une fois qu'on demande quelque chose, ça tombe mal», reconnaît Jean-Marc Widmer.

Réunis le 21 avril en assemblée extraordinaire pour débattre de «sujets brûlants», gendarmes et inspecteurs de la police judiciaire ont décidé à l'unanimité de se montrer solidaires avec les autres employés de l'Etat. De la même manière, ils ont accueilli avec froideur le projet de loi de l'Entente réclamant la suppression du statut de fonctionnaire. L'essentiel du communiqué de presse diffusé à l'issue de cette réunion est toutefois consacré au sort qui sera réservé à la loi sur la police. Les points les plus litigieux restent l'abandon du système de promotion basé sur les années de service au profit d'un avancement lié aussi au mérite, et le transfert des traitements au Conseil d'Etat.

«On souhaite que les salaires figurent dans la loi par souci de sécurité. Car l'avenir n'est pas rose», explique le président de l'UPCP. Soucieux de démontrer que la position des syndicats représente effectivement l'avis de la base – des doutes avaient notamment été émis à ce sujet dans nos colonnes par la conseillère d'Etat Micheline Spoerri –, un sondage a été effectué auprès des membres. «A plus de 80%, ceux-ci ont plébiscité le système de l'ancienneté et le maintien des traitements dans la loi», souligne Jean-Marc Widmer. Une pétition sera adressée au Grand Conseil pour sensibiliser les députés.