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Des policiers sont accusés de délit de faciès. (Keystone)

justice

Des policiers sont jugés pour avoir violenté un homme d’origine kényane

Trois policiers ont comparu lundi devant le tribunal d’arrondissement de Zurich, qui leur reproche des lésions corporelles et un abus d’autorité commis lors d’un contrôle d’identité qui a dégénéré. La personne contrôlée a été malmenée au point d’avoir une vertèbre lombaire fracturée. Une association dénonce un «profilage racial»

Le verdict devra attendre: à la fin des débats lundi, le procès a été interrompu, le temps pour le tribunal de déterminer si l’acte d’accusation est complet. Si ce n’est pas le cas, il sera renvoyé au Ministère public qui devra le compléter, ce qui prendra plusieurs mois. Sinon, le procès pourra reprendre, mais à une date ultérieure.

Les faits remontent à octobre 2009. Alors qu’ils recherchaient un suspect noir, des membres de la police municipale ont contrôlé un homme d’origine kényane dans un tram. Ce dernier a protesté qu’il s’agissait d’un délit de faciès, en soulignant qu’il était le seul parmi les passagers du tram à être contrôlé.

Une violence jugée «disproportionnée»

Selon l’acte d’accusation, les policiers l’ont alors fait descendre du tram et l’ont matraqué, à tel point que l’homme a été blessé. Il souffre notamment d’une fracture d’une vertèbre lombaire. Une violence jugée «disproportionnée et inutile», estime le Ministère public, qui requiert une peine pécuniaire avec sursis. Les policiers ont plaidé à l’audience que leur intervention était mesurée.

Ils ont admis avoir utilisé leur matraque, mais affirment avoir dû se protéger de l’agressivité du plaignant, l’homme ayant plaqué un de leurs contre un mur, affirment-ils.

Tout autre son de cloche de la part de l’avocat de l’homme contrôlé. «Mon client a failli mourir», a-t-il affirmé. L’avocat a demandé que soit retenue contre les policiers la charge de mise en danger de la vie d’autrui. Il a aussi relevé les longueurs du procès: le chef d’accusation de lésions corporelles est déjà prescrit, sept ans après les faits. Pour l’avocat, la justice a sciemment laissé traîner en longueur la procédure.

«La pointe de l’iceberg»

Une association anti-racisme a réagi à l’ouverture du procès. Condamnant un «profilage racial», elle a rappelé lundi dans un communiqué que des cas «de violences policières racistes et discriminatoires» à l’encontre de la communauté noire se multiplient.

L’Alliance contre le profilage racial a cité l’arrestation musclée d’un jeune homme pris à tort pour un dealer à Lausanne, ainsi que la mort d’un jeune homme à Bex (VD) lors d’une intervention policière. «Ces cas ne sont que la pointe de l’iceberg», a indiqué l’association. Elle demande qu’en cas de plainte pénale contre la police, une autorité extracantonale ou un procureur cantonal spécial se saisisse de l’affaire afin d’assurer un jugement indépendant.

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