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Un agriculteur en pleine moisson dans le canton d'Argovie.
© Keystone/GEORGIOS KEFALAS

agriculture

La politique agricole doit être complètement revue pour réduire les coûts, affirme Avenir Suisse

Dans une étude, le groupe de réflexion libéral estime que les coûts totaux liés à la branche s’élèvent à plus de 20 milliards de francs par an, ce qui en fait l’agriculture la plus chère du monde. Des chiffre contestés par l'Union suisse des paysans

La politique agricole doit impérativement être réformée, affirme Avenir Suisse. Selon une étude publiée vendredi, la Suisse s’offre une des politiques agricoles les plus coûteuses au monde: les 3,8 milliards de francs de dépenses officielles de la Confédération pour le groupe de tâches «Agriculture et alimentation», souvent mentionnés dans les débats publics, ne sont que la «pointe de l’iceberg».

En répertoriant l’ensemble des coûts économiques directs et indirects et des privilèges accordés au secteur agricole, Avenir Suisse arrive à un total d’environ 20 milliards de francs.

Les contribuables et les consommateurs en paient le plus lourd tribut (47%). Le niveau des prix des denrées alimentaires est en moyenne 78% plus élevé que celui de la moyenne des pays de l’UE, note Avenir Suisse.

Lire également: L’assiette des Suisses passe au mixer politique

Un programme en dix points pour réduire les coûts

«Malgré ces coûts colossaux», les paysans déplorent une stagnation, voire une baisse des rendements, souligne le document intitulé «Une politique agricole d’avenir».

Les consommateurs sont confrontés à un niveau de prix des denrées alimentaires record, la conclusion de nouveaux accords de libre-échange est entravée par la forte protection douanière et le bilan écologique de l’activité agricole est insuffisant, constate l’étude.

Lire aussi: Les paysans suisses refusent d’être une monnaie d’échange

Selon Avenir Suisse, un programme en dix points à l’horizon 2030 serait susceptible de réduire les coûts économiques liés à l’agriculture d’environ 14,4 milliards de francs par an. Cette stratégie permettrait également d’offrir une perspective entrepreneuriale aux paysans.

Réduire la densité législative et moderniser le droit foncier

Le groupe de réflexion propose de réduire la protection douanière sur les biens agricoles, l’abolition des subventions préservant les structures ou encore une réforme de l’indemnisation des prestations d’intérêt général.

L’étude préconise également une «définition moderne» de la sécurité d’approvisionnement, une réduction de la densité législative agricole, une modernisation du droit foncier et une diminution des coûts environnementaux.

En outre, un «frein agricole» devrait être mis en place et le contrôle des fusions devrait être révisé pour empêcher de nouvelles acquisitions sur le marché du commerce de détail.


Des propositions honteuses, selon l'USP

L'étude présentée par Avenir Suisse regorge d'affirmations absurdes et de propositions insensées, selon l'Union suisse des paysans (USP). «Honteux», «inutile», les mots ne manquent pas à la faîtière pour critiquer le think tank.

«La politique agricole est importante, car l'argent ne se mange toujours pas», réagit l'USP. Sans production agricole débute le jeûne de la mort de l'humanité.

«Pures acrobaties de chiffres, sans fondement»

L'estimation des coûts de l'agriculture à 20 milliards de francs par année est décrite comme abstruse. «Il s'agit de pures acrobaties de chiffres, sans fondement et avec des hypothèses complètement irréalistes.»

Les familles paysannes vendent pour 10 milliards de matières premières alimentaires chaque année. A cela s'ajoutent des paiements directs à hauteur de 2,8 milliards de francs, soit un total d'à peine 13 milliards. «Avenir Suisse réussit le tour de force de faire 14 milliards de francs d'économies», critique l'USP.

Pour le think tank, l'agriculture suisse n'est pas assez concurrentielle. Sa solution: quelques grandes entreprises industrielles avec des élevages de masse. La perte d'une agriculture notable en Suisse n'est pas dramatique, note cyniquement l'USP: «importer est de toute manière moins cher».

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