Un duo plutôt qu’un solo pour diriger un parti. Ces derniers temps, le modèle des coprésidences se multiplie. Au niveau fédéral, deux tandems briguent la présidence du parti socialiste suisse, soumise au vote du congrès en avril. A Genève, Lydia Schneider Hausser et Romain de Sainte Marie viennent d’annoncer dans la Tribune de Genève leur candidature commune à la tête d’un PS genevois en crise. Dans les deux cas, les statuts du parti devront être modifiés lors de l’élection, la coprésidence n’existant pas pour l’heure.

Le partage du pouvoir en politique? Un phénomène relativement nouveau, selon le politologue Marc Bühlmann, chercheur à l’Université de Berne et directeur de l’Année politique suisse. «La volonté de représenter la diversité au sein du parti est souvent invoquée, tout comme la complémentarité des profils», souligne-t-il. Face au duo alémanique formé par Cédric Wermuth et Mattea Meyer, le Valaisan Mathias Reynard capitalise sur l’équilibre des régions, des générations et des genres, en formant un binôme avec la Zurichoise Priska Seiler Graf. «Plutôt qu’une figure forte, un leader, nous proposons un duo consensuel, détaille Mathias Reynard. La politique étant déjà souvent une affaire d’ego, cela est peut-être plus sain.»