Un beau condensé de mollesse vaudoise. Au travers du rapport de la Commission d'enquête parlementaire c'est ainsi qu'apparaît la crise de la BCV. Cela commence avec le dérapage de ces crédits immobiliers qu'acteurs politiques et bancaires savaient trop généreux face au resserrement du marché. Cela continue avec ce chapelet de fusions que tous soupçonnaient d'être coûteuses et déstabilisantes. Mais personne n'a voulu payer le prix de cette situation. Comme effrayé de son audace, le Conseil d'Etat après avoir imposé la reprise de la BVCrèd s'est ingénié à en savoir le moins possible. Blessés dans leur orgueil, les banquiers ont cherché à agir seuls. Personne surtout n'a voulu prendre le risque de dire publiquement que la situation était grave, qu'il fallait prendre des mesures coûteuses et inconfortables.

Parce qu'ils ont sciemment biaisé leurs résultats, les banquiers portent une lourde responsabilité, que la justice cernera. Mais le Conseil d'Etat porte le poids d'une faute politique, celle de sa propre faiblesse. C'est parce qu'il n'a pas su s'imposer que les Pahud, Treyvaud et Duchoud ont pu prendre autant de place, et finalement dicter leurs vues. Au moment de tirer les leçons des événements, il est certes nécessaire de clarifier au mieux les communications entre BCV et gouvernement. Mais le système quel qu'il soit ne fonctionnera que si les conseillers d'Etat se souviennent qu'ils sont élus pour exercer et assumer la puissance publique. Même si c'est désagréable.