Les intérêts du Tyrol seraient mieux défendus par le ministre suisse des Transports que par son homologue autrichien. Cette boutade citée vendredi à Bruxelles par le président du Land Tyrol, Wendelin Weingartner, met au grand jour le conflit qui oppose sa région au gouvernement de Vienne. Wendelin Weingartner rêve pour le Tyrol – un des neuf Länder autrichiens – d'une politique des transports aussi cohérente et respectueuse de l'environnement que celle de la Suisse. Traversé par l'axe autoroutier du Brenner, le Tyrol souffre au premier plan du trafic de transit et en particulier des poids lourds qui contournent la Suisse.

Le président du Tyrol ne croit pas que l'accord négocié entre la Suisse et la Commission européenne puisse décharger rapidement le Brenner. L'ouverture progressive de la Suisse aux camions de 40 tonnes profitera aussi aux transporteurs helvétiques et soulagera les axes alpins français, soumis à de forts péages. Avant 2005 et avec la généralisation de la limite de 40 tonnes en Suisse, il craint qu'il n'y ait pas de grand changement au Brenner.

M. Weingartner conteste aussi le compromis mis au point entre le ministre autrichien des Transports Caspar Einem et la Commission européenne au sujet du péage du col du Brenner. L'UE menace de déposer plainte contre ce péage autoroutier, trop élevé en vertu du droit européen. Le compromis consisterait à maintenir le péage à son niveau actuel (135 francs) mais à le faire payer pour toute la traversée de l'Autriche (110 km) plutôt que sur le seul tronçon du Brenner (35 km). L'UE apprécierait certes que le péage soit réparti plus équitablement entre le trafic de transit et le trafic intérieur. Mais le Tyrol craint les conséquences pour son économie.

ATS