Energie

Les politiques énergétiques cantonales dans le bâtiment sont un échec, selon le WWF

Dans son dernier classement, l'organisation environnementale n'accorde à aucun canton la note «responsable». «Les cantons n'en font pas assez», résument les auteur de l'étude

Les politiques énergétiques de cantons dans le domaine de la construction sont un échec, selon le WWF. Le dernier classement de l'organisation environnementale n'accorde à aucun canton la note «responsable». Seul Bâle-Ville obtient un «engagé», 2e note la plus haute.

Le 3e groupe, «en retard», du classement est mené par Genève, Jura, Berne et Fribourg devant dix autres cantons. Argovie, Nidwald, Zoug et Schwytz ferment eux la marche du 4e et dernier groupe, «bloqué», avec sept autres cantons, a indiqué mardi l'ONG dans un communiqué. Le WWF a fait analyser par la société de conseil EBP Schweiz les politiques climatiques dans le domaine du bâtiment de tous les cantons.

L'évaluation porte sur les objectifs climatiques des cantons, les réglementations pour une plus grande efficacité énergétique et davantage d'énergies renouvelables ainsi que sur le remplacement des systèmes de chauffage électrique, le soutien financier et la planification énergétique par les communes, détaille le WWF. L'ONG rappelle que la protection de l'environnement dans le domaine de la construction est du ressort des cantons.

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Dans quatre indicateurs sur six, aucun canton n'atteint la note maximale. Cette note est accordée quand le canton est en bonne voie d'atteindre les objectifs de protection climatique de l'Accord de Paris avec les mesures correspondantes, explique l'ONG.

Nidwald, Zoug et Schwytz en queue de classement

Dans l'ensemble, la politique climatique du bâtiment la mieux notée est celle du canton de Bâle-Ville (4,1). Quatorze autres cantons, dont Genève (3,3), Jura (3,3), Fribourg (3), Berne (3), Valais (2,9), Tessin (2,9), Vaud (2,8) et Neuchâtel (2,7) ont fixé des priorités qui vont dans le bon sens, mais restent «en retard».

Les onze autres, dont les Grisons (2,4) et Zurich (2,3), ont en revanche mis en œuvre des «exigences minimales», selon l'étude. Schwytz est tout dernier du classement avec la note de 1,6. Pour obtenir la mention «responsable», il faut une note supérieure à 4,5.

«Une grande diversité mais un manque d'ampleur: les cantons n'en font pas assez», résument les auteurs de l'enquête. Ils pointent toutefois des mesures opportunes et concrètes dans certains cantons.

Bâle-Ville dispose par exemple de règles innovantes pour les énergies renouvelables en cas de remplacement de chauffage, le Valais a un programme de soutien exemplaire dont profitent de nombreux habitants et Fribourg encourage activement la planification énergétique régionale, note le rapport.

Appel à la Confédération pour une loi contraignante

«La Suisse a besoin au plus vite d'un plan d'urgence pour les bâtiments et celui-ci doit être inscrit dans la loi sur le CO2», déclare Elmar Grosse Ruse, expert climat pour WWF.

L'organisation environnementale en appelle à la Confédération. «C'est elle qui doit agir étant donné que les cantons ne sont pas à la hauteur de leurs responsabilités en politiques climatiques. Le Conseil des Etats doit ancrer dans la révision de la loi sur le CO2 des règles efficaces pour les seuils d'émissions», exige WWF.

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