Le Temps: Les pertes des Verts ont-elles une cause principale ?

Werner Seitz: Le fait que les Vert’libéraux comme les Verts subissent une perte massive de suffrages montre que l’écologie est en recul sur l’agenda politique. L’effet Fukushima s’est évaporé et le problème du franc fort s’interpose dans le débat socio-politique.

- Que peut faire le parti des Verts pour renverser cette tendance négative d’ici les élections fédérales d’octobre ?

- Comme analyste, ce n’est pas à moi de donner des conseils. Je pense toutefois que les Verts devraient essayer de convaincre les électeurs que le tournant énergétique visé par le parti peut aussi avoir des effets positifs sur le plan économique. Et sinon, faire ce que font tous les partis : mobiliser, mobiliser.

- L’érosion des Verts menace-t-elle la majorité rose-verte dans les grandes villes ?

- Ces alliances roses-vertes se sont également affaiblies en ville, lors des dernières élections cantonales, car le PS et les Alternatifs n’ont pu compenser les pertes des Verts. Pour autant, il me parait prématuré de conclure à une prochaine perte de cette majorité dans les villes, où je ne vois pas que les partis de droite se serrent suffisamment les coudes.

- La Suisse vit-elle un tournant conservateur ?

- Lors des élections cantonales de Bâle-Campagne, Lucerne et Zurich, le camp rose-vert s’est affaibli, tandis que les partis du centre ont eux aussi perdu des parts de l’électorat. En revanche, l’UDC s’est encore renforcée à son haut niveau et le PLR s’est redressé de manière surprenante. Dans le contexte suisse, c’est un glissement à droite incontestable. Quant à prédire que cette tendance va durer jusqu’aux élections fédérales, ou que les électeurs romands évalueront semblablement les problèmes politiques et en tireront les même conclusions que les Zurichois ou les Lucernois, je n’en mettrai pas main au feu.