Le pont de la Poya provoque ses premiers bouchons

Fribourg Des centaines de personnes ont voulu inaugurer la nouvelle traversée

Le pont de la Poya a connu dimanche ses premiers embouteillages avant même son ouverture à la circulation. Il fallait s’y attendre. Après la partie officielle vendredi en fin de journée, près de 50 000 personnes ont participé samedi à l’inauguration de l’ouvrage qui changera la circulation en ville de Fribourg. La fête populaire terminée, vers 2 heures du matin, les voitures tournaient déjà dans la matinée autour de l’ouvrage pour espérer le franchir en premier. Si bien qu’au fil des heures, ils étaient toujours plus nombreux, automobilistes, cyclistes, motards, piétons et simples curieux à s’agglutiner aux entrées de la nouvelle infrastructure.

Le pont de Zaehringen ferme

Des centaines de personnes étaient ainsi présentes lorsque les autorités ont fait leur apparition. Elles s’étaient donné rendez-vous en début d’après-midi, au milieu du pont, pour une courte cérémonie à l’abri des regards. Mais elles étaient accompagnées d’une invitée de marque, Geneviève Brügger, 103 ans. Lors de la réception officielle marquant son entrée dans sa centième année, elle avait déclaré qu’elle espérait voir le pont de la Poya terminé. Le message a été entendu. Et elle était là, toute élégante avec sa cape rouge et son chapeau noir, écoutant stoïquement les discours d’usage, appuyée sur sa canne. Les premières voitures ont pu franchir l’ouvrage à 15h16.

Emotion également quelques centaines de mètres plus bas, au pont de Zaehringen. Sa fermeture aux automobilistes est la seconde nouveauté. Le pont de la Poya permet dorénavant le transit des 25 000 véhicules qui asphyxiaient jusqu’à maintenant le quartier du Bourg et la cathédrale Saint-Nicolas en passant par le pont de Zaehringen. Là aussi, une file de véhicules attendait de pouvoir le franchir, mais pour la dernière fois. Laurent Senn, un habitant, avait amené trois bouteilles de champagne pour fêter la tranquillité retrouvée. «Le pire serait maintenant qu’on aménage des places de parking sur le pont, comme les autorités l’envisagent. Cela signifie qu’il y aura toujours des automobilistes. Ce serait un comble et je n’ai pas envie de payer des impôts pour ça», a-t-il déclaré. D’autres habitants se sont réunis plus tard dans le Bourg, certains déplorant que les autorités n’aient rien organisé pour marquer le coup.

La fête terminée, le premier test est prévu lundi, avec le retour des pendulaires. «Ce sera la catastrophe, mais ce n’est pas grave. Les gens doivent changer leurs habitudes, s’approprier un nouvel itinéraire. Ce cap passé, tout rentrera dans l’ordre», assure Madeleine Genoud-Page, membre de l’exécutif de la capitale fribourgeoise.